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Norman de Garis Davies

Norman de Garis Davies — Relevé d'une peinture thébaine, aquarelle de reconstitution
Relevé d'une peinture thébaine, aquarelle de reconstitution

1865–1941 | Relevés et publications des tombes peintes

Je suis Norman de Garis Davies, né en 1865 dans le Lancashire. Ma première formation fut religieuse : j'ai étudié à Glasgow, puis exercé comme ministre du culte. Une rencontre avec Kate Bradbury, proche de Francis Llewellyn Griffith, m'a ouvert la voie de l'égyptologie. Après un séjour en Australie, j'ai rejoint les travaux de Flinders Petrie à Dendéra en 1898. Ce changement de métier n'avait rien d'une révélation solitaire devant un monument. J'ai appris dans une communauté de chercheurs et sur des chantiers où l'expérience des ouvriers égyptiens était indispensable. J'ai peu à peu choisi la copie et l'étude des tombes comme cœur de mon activité.

Pour l'Egypt Exploration Fund, j'ai relevé des tombes de Saqqara, de Cheikh Saïd, de Deir el-Gebraoui et d'Amarna. Une tombe n'est pas une simple suite d'images décoratives : les inscriptions, les scènes et les emplacements se répondent. Je préparais des plans, des relevés et des textes destinés à la publication, avec le souci de situer chaque fragment. Les volumes sur les tombes rupestres d'Amarna ont occupé plusieurs années, entre 1903 et 1908. Ils ne constituent pas un instantané parfait du site. Ils enregistrent un état observé, des choix de dessin et des conditions de travail qu'il faut connaître pour les utiliser aujourd'hui.

À Amarna, la lumière et les surfaces abîmées imposaient une patience quotidienne. Les tombes de Tutu et d'Aÿ, que j'ai copiées pendant la saison de 1906-1907, montraient combien un contour apparemment simple peut devenir incertain sous l'effet du temps. Je devais décider où une ligne ancienne se terminait et où commençait une fissure. Un relevé honnête conserve cette hésitation et permet de revenir au monument. Les assistants égyptiens préparaient les accès, maintenaient les conditions nécessaires à l'observation et apportaient leur connaissance concrète du terrain. Leurs noms apparaissent trop rarement dans les publications de cette époque, alors que ces travaux n'auraient pas été possibles sans eux.

J'ai épousé Nina Macpherson Cummings en 1907. Elle avait sa propre formation artistique et devint une remarquable copiste des peintures égyptiennes. Notre collaboration ne doit pas effacer sa signature : ses fac-similés en couleur sont des œuvres d'observation qu'elle a réalisées. À Thèbes, nous avons vécu au rythme des tombes et des saisons. La section graphique de l'expédition du Metropolitan Museum of Art, que j'ai dirigée, produisait des copies et des relevés permettant d'étudier les parois sans les déplacer. Les membres de l'équipe utilisaient notamment des miroirs pour porter la lumière dans les espaces obscurs, tandis que l'échelle et les couleurs étaient soigneusement contrôlées.

Ce travail graphique avait deux ambitions complémentaires. La première était documentaire : conserver un état précis des peintures, y compris leurs lacunes, avant de nouvelles détériorations. La seconde était éditoriale : publier des tombes dans une forme qui rendait lisibles les textes, les scènes et leur architecture. J'ai travaillé sur les tombes de Nakht, de Pouyemrê, de Kenamon et d'autres dignitaires thébains. Les livres issus de ces campagnes associaient parfois les dessins de Nina, des photographies et les contributions de plusieurs chercheurs. Il serait trompeur de faire de ces volumes l'œuvre d'une seule personne ; chaque spécialiste y apportait une compétence différente.

Norman de Garis Davies — Travail collectif de copie à Amarna, aquarelle de reconstitution
Travail collectif de copie à Amarna, aquarelle de reconstitution

La copie, même très fidèle, n'est jamais la paroi elle-même. L'artiste choisit un cadrage, un trait et une solution pour les zones mal conservées. Une photographie possède d'autres avantages, mais elle dépend également d'un éclairage et d'une technique. C'est pourquoi je souhaitais confronter plans, inscriptions, images et notes de terrain. Les collections aujourd'hui conservées à Oxford contiennent des carnets, des calques et des empreintes qui permettent de suivre le travail préparatoire. Elles invitent aussi à contrôler mes décisions devant les monuments toujours situés en Égypte. Une publication ancienne reste une source précieuse à condition de ne pas la confondre avec une preuve définitive.

Les tombes thébaines révèlent des métiers, des rites et des relations sociales de l'Égypte ancienne. Leur documentation demande de regarder au-delà des figures les plus spectaculaires. Une scène de banquet, un outil peint ou une variante hiéroglyphique peut éclairer l'histoire d'un atelier ou d'une famille. Mon travail a bénéficié des discussions avec d'autres égyptologues et de la collaboration de professionnels égyptiens sur place. L'importance donnée autrefois au chef de mission a souvent laissé dans l'ombre ces savoirs de terrain. Les recherches actuelles peuvent relire nos archives pour mieux reconnaître les personnes qui ont permis les relevés et pour corriger nos interprétations.

J'ai continué à publier jusqu'à la fin de ma vie. Certains travaux, fondés sur mes dossiers, ont paru après ma mort en 1941. Leur durée de préparation dit quelque chose de ce métier : il fallait confronter les copies, les inscriptions et les photographies, puis dessiner les planches destinées à l'impression. La documentation de la tombe de Rekhmirê, comme celle de bien d'autres monuments, appartient à une histoire collective qui s'étend au-delà d'une carrière. Les peintures anciennes sont le produit d'artistes égyptiens ; Nina et moi avons cherché à en transmettre un état visible. Notre contribution est secondaire par rapport à leurs œuvres, mais elle aide à les étudier et à suivre leur conservation.

Norman de Garis Davies — Dessins et fac-similés préparés à deux mains, aquarelle de reconstitution
Dessins et fac-similés préparés à deux mains, aquarelle de reconstitution

Ce récit à la première personne reconstitue un parcours à partir des sources citées ; il ne rapporte aucune confidence attestée. Les aquarelles de cette fiche sont des évocations contemporaines, pas des fac-similés historiques. Elles mettent les gestes de relevé et la collaboration au premier plan, car une image inventée de mon visage donnerait une certitude trompeuse. Mon apport se mesure dans des archives vérifiables : plans, copies, carnets et publications. Le lecteur doit pouvoir retourner à ces sources, comparer mes dessins à ceux de Nina et à l'état actuel des tombes, puis regarder d'abord les œuvres des anciens Égyptiens.

Récit reconstitué à la première personne. Les trois aquarelles sont des créations contemporaines, distinctes des relevés originaux de Norman et Nina de Garis Davies.

Sources principales