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Nina de Garis Davies

Nina de Garis Davies — Nina de Garis Davies près d'une tombe thébaine, aquarelle de reconstitution
Nina de Garis Davies près d'une tombe thébaine, aquarelle de reconstitution

1881–1965 | Fac-similés en couleur des peintures égyptiennes

Je suis Anna Macpherson Davies, dite Nina de Garis Davies, née en 1881 à Salonique. J'ai étudié les arts à Londres avant de découvrir l'Égypte lors d'un passage à Alexandrie en 1906. J'ai épousé Norman de Garis Davies l'année suivante et nous avons travaillé longtemps dans les tombes thébaines. Mon métier était de copier des peintures anciennes avec une précision qui conserve les couleurs, les coups de pinceau et même les pertes visibles. On a parfois présenté mes œuvres comme une simple aide aux recherches de mon mari. Elles sont pourtant le résultat de mon propre regard et de mon travail d'artiste, indispensables à la documentation des monuments.

À Thèbes, une paroi peinte ne se laisse pas transporter dans un musée pour être étudiée à loisir. Dans les tombes, la lumière est faible et les couleurs changent selon la façon dont on les éclaire. Nous commencions souvent par un tracé de la composition, puis la copie était réalisée sur papier à une échelle proche de l'original. Des miroirs dirigeaient la lumière du soleil vers les scènes. Les assistants et travailleurs égyptiens rendaient possibles l'accès, l'éclairage et la préparation du travail. Leurs compétences participaient à la qualité du résultat, même si les œuvres conservées portent surtout le nom des copistes occidentaux.

Mes premières copies étaient à l'aquarelle ; j'ai ensuite utilisé la tempera, dont l'opacité mate reproduisait mieux l'aspect de certains pigments anciens. Copier ne signifiait pas repeindre les lacunes selon mon imagination. Un éclat de plâtre manquant, une fissure ou une couleur fanée appartiennent à l'état historique du mur. Les représenter aide le chercheur à distinguer l'œuvre antique de ses altérations. Mais le fac-similé demeure un choix : je décidais du cadrage, de la nuance et du degré de détail. Il ne remplace ni l'original égyptien ni une documentation photographique. Sa force réside dans la comparaison attentive de ces différentes sources.

La mission du Metropolitan Museum of Art avait créé une section graphique dirigée par Norman. J'y ai travaillé comme collaboratrice majeure, puis mes copies ont circulé dans des publications et des musées. Une peinture thébaine reproduite à l'échelle réelle permettait à des visiteurs éloignés de voir des scènes qui restaient sur la paroi en Égypte. Elle pouvait aussi donner l'illusion que le musée étranger possédait l'original. La légende doit donc indiquer clairement qu'il s'agit d'une œuvre moderne d'après un monument égyptien. La copie a une histoire propre : celle de sa fabrication, de son institution et de la date à laquelle la paroi a été observée.

J'ai travaillé pendant plus de trente ans sur des tombes thébaines, et aussi à Amarna et à Beni Hassan. Les scènes de vie quotidienne, de cérémonies, de plantes et d'animaux y demandaient une observation différente de celle d'un portrait royal. Elles racontent autant le travail des artistes anciens que les croyances des commanditaires. Mes copies ont parfois préservé des détails devenus moins visibles ensuite sous l'effet du temps. La comparaison avec des photographies anciennes et des relevés actuels permet de mesurer ces changements. Elle révèle aussi mes propres décisions de dessin ; un fac-similé, aussi fidèle soit-il, doit rester ouvert à la vérification.

Nina de Garis Davies — Réalisation d'un fac-similé avec l'aide d'un miroir, aquarelle de reconstitution
Réalisation d'un fac-similé avec l'aide d'un miroir, aquarelle de reconstitution

J'ai apporté des dessins à la documentation de la tombe de Toutânkhamon, sans être la découvreuse de cette sépulture. Avec Norman, j'ai également contribué aux choix et aux dessins de signes qui ont servi aux travaux d'Alan Gardiner sur l'écriture égyptienne. Cette tâche de précision était moins spectaculaire que la reproduction d'une grande scène colorée, mais elle aidait les lecteurs à reconnaître les formes des hiéroglyphes. Dans les livres savants, le dessin est parfois relégué au rang d'illustration. Il peut en réalité porter une analyse : le contour d'un signe permet de comparer des inscriptions et de repérer des variantes.

Après la mort de Norman, j'ai continué à publier et à faire connaître les peintures égyptiennes. Mon livre Picture Writing in Ancient Egypt est paru en 1958. Il témoignait de l'attention que j'avais portée pendant des décennies aux images et à leur relation avec l'écriture. Certaines de mes copies sont conservées dans des musées britanniques ; mes livres ont rejoint des fonds de recherche. Je suis morte en 1965. Ces collections rendent mon travail accessible, mais elles renvoient toujours à des tombes et temples situés en Égypte. Les spécialistes égyptiens qui les préservent aujourd'hui voient l'original dans son paysage et son histoire matérielle.

Le progrès des appareils couleur n'a pas rendu mes copies inutiles. Une photographie enregistre un état de lumière et de surface ; une peinture d'observation peut mettre en évidence le rapport entre lignes, pigments et zones perdues. Les deux peuvent aussi se tromper. Le public doit pouvoir savoir quand il voit une photographie du mur, un fac-similé de ma main ou une aquarelle contemporaine créée pour évoquer mon parcours. Cette distinction protège l'information historique. Elle permet aussi d'apprécier les anciens artistes égyptiens sans confondre leur œuvre avec l'interprétation patiente d'une copiste du XXe siècle.

Nina de Garis Davies — Comparaison de copies en couleur et de dessins, aquarelle de reconstitution
Comparaison de copies en couleur et de dessins, aquarelle de reconstitution

Ce « je » est une reconstitution fondée sur les sources citées, sans citation inventée. Les aquarelles de cette fiche ne sont pas mes fac-similés historiques : elles évoquent mon portrait et les gestes de mon travail. Mon apport à la connaissance de l'Égypte fut de conserver par la couleur, à grande échelle, l'état de peintures qui ne peuvent être déplacées. Je l'ai fait avec Norman, les autres membres des missions et des assistants égyptiens. Il faut reconnaître chacun de ces rôles tout en laissant mon nom sur les copies que j'ai effectivement peintes.

Récit reconstitué à la première personne à partir des sources citées. Les trois aquarelles sont des évocations contemporaines : elles ne sont ni des documents d'époque ni les véritables fac-similés peints par Nina de Garis Davies.

Sources principales