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James Quibell

James Quibell — James Quibell en Égypte, aquarelle de reconstitution
James Quibell en Égypte, aquarelle de reconstitution

1867–1935 | Hiérakonpolis, palette de Narmer et recherches à Saqqarah

Je suis James Edward Quibell, né en Angleterre en 1867. Après mes études, j'ai rejoint les fouilles de Flinders Petrie en Égypte. Les sites de Coptos, de Naqada et de Ballas m'ont fait comprendre que l'histoire du pays remontait bien avant les monuments des grandes dynasties. Les tombes prédynastiques livraient des céramiques, des objets et des gestes funéraires dont la chronologie devait être construite avec soin. J'ai contesté l'idée, alors défendue par Petrie, que ces sépultures témoignaient d'une « nouvelle race » arrivée beaucoup plus tard. Cette erreur rappelle combien les catégories de notre époque pouvaient fausser la lecture des vestiges.

En 1896, j'ai travaillé au Ramesseum, sur la rive occidentale de Thèbes. Sous les constructions visibles du temple de Ramsès II, des puits plus anciens ont livré des papyrus et des objets du Moyen Empire liés entre autres à des pratiques de soin et de magie. On parle parfois de « bibliothèque du Ramesseum », mais les documents provenaient d'un contexte funéraire précis, pas d'une salle de lecture retrouvée intacte. Les rouleaux étaient fragiles. Leur valeur venait de leur texte et de leur provenance, qu'il fallait conserver ensemble. Les employés égyptiens qui ont dégagé les puits et protégé les matériaux ont participé à cette découverte autant que les savants qui l'ont publiée.

Je suis ensuite allé à Hiérakonpolis, l'ancienne Nekhen, avec Frederick William Green. Pendant les campagnes de 1897-1898 et 1898-1899, nous avons étudié un site majeur pour la formation de la royauté égyptienne. Un dépôt ancien du temple contenait des objets cérémoniels remarquables. La palette de Narmer est devenue le plus célèbre. Elle montre le roi dans des scènes de pouvoir, avec les couronnes associées à la Haute et à la Basse-Égypte. L'objet aide à étudier les débuts de l'État, mais ses images ne constituent pas un compte rendu neutre d'une bataille ou d'une unification survenue en un seul jour.

La palette a été trouvée grâce au travail du chantier, non par un homme seul se baissant sur une pierre déjà dégagée. Green a partagé l'enquête et les travailleurs égyptiens ont exécuté les opérations matérielles. Les premières publications ne s'accordent pas entièrement sur la position exacte de l'objet par rapport au dépôt principal. Cette incertitude est importante, car la place d'une pièce peut éclairer la façon dont elle a été déposée. La peinture d'une scène de découverte ne peut pas résoudre un désaccord entre carnets. Il faut revenir aux rapports et aux archives, et dire clairement ce qui reste discuté.

La palette originale est conservée au musée égyptien du Caire. Son succès a fait circuler moulages, photographies et dessins bien au-delà de l'Égypte. Ces reproductions ont permis l'étude, mais elles ont parfois fait oublier que l'objet se trouvait dans un temple ancien, au milieu d'autres dépôts. Les masses cérémonielles, les figurines et les fragments du même ensemble donnent d'autres indices sur les rituels et sur l'autorité royale naissante. J'ai publié les objets avec Green ; nos ouvrages restent des sources de première main, à lire avec les questions archéologiques nouvelles et les limites de nos relevés.

James Quibell — Évocation de la fouille à Hiérakonpolis avec Green et l'équipe égyptienne, aquarelle de reconstitution
Évocation de la fouille à Hiérakonpolis avec Green et l'équipe égyptienne, aquarelle de reconstitution

J'ai ensuite occupé plusieurs fonctions au Service des antiquités et au musée du Caire. Inspecteur dans différentes régions, puis responsable au musée, j'ai passé une grande partie de ma vie en Égypte. Administrer les sites ne consistait pas seulement à autoriser des fouilles : il fallait suivre des restaurations, des collections, des inventaires et la circulation des objets. Le service dans lequel je travaillais était égyptien, mais les postes de pouvoir restaient largement dominés par des étrangers. Les collègues et employés égyptiens jouaient un rôle essentiel. Leur expertise apparaît parfois moins clairement dans les rapports que dans la réalité de ces institutions.

À Saqqarah, j'ai collaboré plus tard à des recherches sur les monuments de la pyramide à degrés de Djoser. Les fouilles et les dégagements de ce complexe demandaient de distinguer les états anciens des restaurations modernes. Je n'ai pas découvert ce monument : il avait traversé les siècles et reçu bien des visiteurs. Ma tâche était de contribuer à sa documentation et à son étude au sein d'équipes successives. L'archéologie avance souvent ainsi, par retours à des lieux connus. Une nouvelle coupe, un plan plus complet ou la lecture d'un bloc peut changer la compréhension d'un ensemble sans qu'il faille inventer une découverte spectaculaire.

Je suis mort en 1935. On retient volontiers la palette de Narmer comme mon grand titre de gloire. Ce résumé manque mon parcours au Ramesseum, dans les cimetières prédynastiques et dans l'administration des antiquités. Il risque surtout d'effacer Frederick Green et les ouvriers égyptiens des fouilles de Nekhen. Les spécialistes d'aujourd'hui relisent aussi les débuts de l'État égyptien sans supposer que toutes les scènes royales décrivent littéralement un événement précis. La palette conserve sa force ; elle devient plus instructive quand on la replace dans un dépôt, une histoire de fouille et une iconographie politique ancienne.

James Quibell — Travail sur les papyrus du Ramesseum, aquarelle de reconstitution
Travail sur les papyrus du Ramesseum, aquarelle de reconstitution

Ce « je » est une reconstitution fondée sur les sources citées, sans citation inventée. Les aquarelles évoquent un portrait documenté, le chantier de Hiérakonpolis et les papyrus du Ramesseum ; elles ne sont pas des documents d'époque. J'ai contribué à révéler et à publier des ensembles décisifs pour l'étude de l'Égypte prédynastique et du Moyen Empire. Je n'ai ni trouvé seul la palette de Narmer ni résolu définitivement le sens de ses reliefs. Le travail partagé et les incertitudes de provenance font partie de l'histoire de cette découverte.

Récit reconstitué à la première personne à partir des sources citées. Les aquarelles sont des évocations contemporaines, non des documents d'époque ; les détails de la découverte de la palette ne sont pas tous établis.

Sources principales