
Sur les murs des temples et de nombreuses tombes, les images ont d’abord été sculptées, puis peintes. Deux techniques se partagent les parois : faire saillir la figure ou la creuser dans la pierre.
Deux manières de tailler
Dans le relief en saillie, le sculpteur abaisse le fond autour de la figure, qui reste en léger relief. Dans le relief dans le creux, le fond demeure à la surface du mur et le contour de la figure est entaillé ; le modelé se fait à l’intérieur de ce creux. La première technique, plus coûteuse, donne des volumes délicats. La seconde est plus rapide et résiste mieux au temps.
Une question de lumière
Le relief dans le creux s’impose surtout sur les faces extérieures, exposées au soleil. Sous une lumière rasante, son contour profond dessine une ombre nette qui rend l’image lisible de loin. À l’intérieur des salles, où l’éclairage est faible, le relief en saillie reste longtemps préféré. Le choix dépend donc de l’emplacement autant que de l’époque.
Sous Ramsès II, le relief dans le creux se généralise. Dans la grande salle hypostyle de Karnak, les reliefs de la partie sud, d’abord sculptés en saillie au début du règne, ont été transformés en reliefs dans le creux. Ce changement montre que la technique pouvait relever d’une décision d’ensemble.
Puis vient la couleur
Une fois la pierre taillée, les défauts sont rebouchés au plâtre et la surface reçoit souvent une fine couche blanche. Le peintre intervient alors. La couleur ne se contente pas de remplir la forme : elle ajoute des détails que le ciseau n’a pas rendus, comme les motifs d’un collier, les plumes d’une aile ou les mèches d’une perruque. Une figure sculptée sans couleur reste une image incomplète.
Dans les notices de Champollion, une planche des Monuments de l’Égypte et de la Nubie réunit justement un « sculpteur en figures » et un « peintre en statues ». Les deux métiers se succèdent sur la même œuvre, et leurs gestes se répondent.
Lire la pierre aujourd’hui
Sur de nombreux monuments, la couleur a disparu et seul le relief subsiste. Le visiteur voit donc souvent l’étape du sculpteur, non l’œuvre achevée. À Médinet Habou ou à Karnak, les zones protégées conservent encore des couleurs qui rappellent ce que la pierre nue a perdu.
Pour prolonger : Le domaine d’Amon-Rê à Karnak · Médinet Habou · Ramsès II · Tailler la pierre dure
Sources principales
- Daniel Le Fur, « Les pigments dans la peinture égyptienne », dans Pigments et colorants de l’Antiquité et du Moyen Âge, CNRS Éditions
- J.-F. Champollion, Monuments de l’Égypte et de la Nubie, notices descriptives, Paris, 1844-1889
- Clémentine Audouit et Elena Panaite, « Étude épigraphique de la façade occidentale du IIe pylône de Karnak », BIFAO 119, 2019, p. 1–35, IFAO