Tabbet el-Guech, les maisons d’éternité des prêtres

Reconstitution du chantier archéologique de Tabbet el-Guech sur le plateau de Saqqara.
Reconstitution éditoriale générée par IA pour Visite Égypte. Évocation interprétative ; elle ne documente pas l’état exact du monument ni les inscriptions anciennes.

En quelques mots

Au sud de la pyramide à degrés de Djéser, Tabbet el-Guech n’est pas une maison d’éternité isolé mais un vaste morceau de la nécropole de Saqqara. Le terrain se déploie entre le complexe inachevé de Sekhemkhet, au nord, et la pyramide de Pépy Ier, au sud. Depuis 2000, la mission de l’Institut français d’archéologie orientale dirigée par Vassil Dobrev y suit les traces de plusieurs époques : la fin de l’Ancien Empire, la Première Période intermédiaire et la Basse Époque. Chaque mur de brique crue doit donc être lu avant d’être rattaché à une histoire.

Ce que l’on découvre

Dans la zone nord-ouest, les archéologues ont mis au jour des superstructures en brique crue, des chapelles, des puits funéraires et des chambres creusées ou bâties dans le sous-sol. Certaines sépultures appartenaient à des prêtres de la VIe dynastie ; d’autres sont beaucoup plus tardives. Les publications de l’IFAO insistent sur un point essentiel : la surface fouillée demeure minuscule au regard du plateau. Cette disproportion explique pourquoi les découvertes successives ressemblent moins à un inventaire achevé qu’aux premières pages d’un livre encore enfoui.

Son histoire

Cinq sondages ouverts en octobre 2000 ont précédé l’installation d’une fouille régulière. À partir de 2001, une zone d’environ 60 sur 50 mètres a été explorée sur le plateau nord-ouest, soit près de 2 % de ses quinze hectares. Les vestiges montrent que l’espace funéraire a été construit, utilisé, pillé, réoccupé puis transformé. La maison d’éternité de Pépior, les chambres de Sâbi et Ânkhti et la chapelle de Haounéfer appartiennent à cette histoire longue, mais ne résument pas à elles seules le site.

Pourquoi ce lieu compte

Tabbet el-Guech permet d’observer la société qui entourait les pyramides royales : prêtres, responsables du culte et familles installaient leurs « maisons d’éternité » près des monuments des souverains. Cette organisation nourrit aussi une enquête plus ambitieuse. Plusieurs rois de la VIe dynastie sont connus par les listes ou les annales, alors que leurs complexes funéraires n’ont pas été localisés. Le site offre donc un terrain sérieux pour rechercher des indices, à condition de ne jamais confondre une hypothèse topographique avec une pyramide réellement découverte.

Pour aller plus loin

La série suit trois pistes complémentaires : la fouille filmée de la maison d’éternité du prêtre Pépior ; la recherche prudente du complexe perdu d’Ouserkarê ; et les maisons d’éternité bien publiées des prêtres-lecteurs Sâbi et Ânkhti. La maison d’éternité du vizir Mehou figure dans le dossier général de Saqqara, mais elle reste volontairement hors de cette série : découverte en 1940 par Zaki Saad, elle n’appartient pas aux fouilles de Dobrev.

Sources et références