
En quelques mots
Ouserkarê a régné au début de la VIe dynastie, entre Téti et Pépy Ier. Son nom a survécu dans les listes royales et dans les annales de Saqqara-sud, mais son complexe funéraire n’a pas été localisé. À Tabbet el-Guech, Vassil Dobrev cherche si une nécropole de prêtres pourrait signaler la proximité d’un monument royal disparu. L’idée est cohérente ; elle reste une hypothèse.
Les indices historiques
La Liste royale d’Abydos place Ouserkarê parmi les souverains de la VIe dynastie. Les annales étudiées par Michel Baud et Vassil Dobrev confirment qu’il ne s’agit pas d’un simple nom ajouté tardivement. Son règne paraît bref, ce qui pourrait expliquer un complexe inachevé, modeste ou rapidement abandonné. Mais la brièveté d’un règne ne suffit pas à désigner un emplacement.
Pourquoi chercher à Tabbet el-Guech
Les grands complexes royaux attiraient autour d’eux des maisons d’éternité de courtisans et de personnels chargés du culte. Or le secteur a livré des sépultures de prêtres de la fin de l’Ancien Empire. La position entre les pyramides de Sekhemkhet et de Pépy Ier laisse aussi un espace dans la carte monumentale de Saqqara-sud. Ces indices justifient la recherche ; ils ne constituent pas la preuve d’un sanctuaire d’Ouserkarê.
Ce que dit la géophysique
En 2013, des mesures électromagnétiques, radar et magnétiques ont été conduites pour repérer d’éventuelles fondations. Une publication ultérieure précise qu’aucune preuve solide de pyramide n’a alors été mise en évidence. En 2015, une prospection électromagnétique plus fine a révélé plusieurs anomalies rectangulaires peu profondes, probablement construites par l’homme et comparables par leur taille aux maisons d’éternité déjà fouillées. Elles peuvent guider de futurs sondages, mais elles ne dessinent pas un complexe royal identifié.
Pour aller plus loin
L’enquête sur Ouserkarê est exemplaire parce qu’elle oblige à tenir ensemble trois niveaux : un roi historiquement attesté, un monument attendu par comparaison et un terrain qui livre des anomalies sans nom. La fiche approfondie suit ce raisonnement pas à pas et explique pourquoi la meilleure conclusion actuelle n’est ni « la pyramide a été trouvée » ni « elle n’existe pas », mais « la recherche reste ouverte ».