
Un visage à l’entrée de la chapelle
À l’entrée de la chapelle funéraire, un profil sculpté dans la pierre rend Pépior immédiatement présent. Les informations apportées par Vassil Dobrev le nomme et montre cette représentation, avant de suivre les préparatifs du dégagement de son puits. À Tabbet el-Guech, dans la nécropole de Saqqara-sud, l’équipe de Vassil Dobrev ne retrouve donc pas seulement une architecture : elle peut aussi lire une partie de l’identité de son propriétaire.
Un prêtre lié au service royal
Devant la façade, Dobrev explique que Pépior dirigeait un groupe de prêtres du grand palais et exerçait la fonction de prêtre-lecteur. Les premiers s’occupaient des statues du pharaon dans le temple : ils retiraient vêtements et parures, nettoyaient la statue, puis l’habillaient de nouveau. L’archéologue décrit un service renouvelé tous les quinze jours. Le titre de prêtre-lecteur renvoie, lui, aux paroles récitées pour accompagner les gestes du rituel. Ces responsabilités placent Pépior parmi les hommes de confiance du service royal, sans faire de lui un vizir.
Une famille inscrite dans la pierre
La façade donne une place à l’entourage de Pépior. Son fils aîné apporte les offrandes destinées à entretenir son culte après sa mort. En bas à gauche, deux filles sont agenouillées ; l’aînée tient un bâton, que Vassil Dobrev interprète comme une marque d’autorité.
Puis le regard se déplace vers l’épouse. Entre elle et son mari se tient une autre femme. Plus petite dans la composition, elle occupe pourtant une place que le commentaire du reportage présente comme plus intime. Ce n’est pas une fille de Pépior, explique Dobrev, et aucun lien familial n’est indiqué. La scène surprend : auprès de l’homme dont la maison d’éternité doit conserver la mémoire, l’épouse n’est pas seule.
Cette femme s’appelle Henib. L’archéologue la présente comme une « rentière auprès de Ptah » et traduit son nom par « celle qui rend vivant mon cœur ». Dans cette paroi consacrée aux titres, aux offrandes et à la survie du défunt, ces quelques mots font soudain entendre une note plus personnelle. Le dialogue qui suit suggère ce que nous appellerions aujourd’hui une maîtresse. Dobrev précise toutefois que cette relation n’est pas nommée dans l’inscription : c’est la proximité de la figure et la lecture de son nom qui nourrissent son interprétation. Henib a sa place dans le monument ; la pierre laisse une part de leur histoire ouverte.
Le dégagement du puits
Au moment filmé, les ouvriers construisent une plateforme en bois pour vider le puits funéraire. Dobrev estime qu’il pourrait descendre à huit ou dix mètres. Le sable doit être retiré progressivement, en surveillant la solidité de la roche et en conservant les fragments qui pourraient compléter la façade, retrouvée en partie effondrée. Le reportage situe ces maisons d’éternité vers 4 200 ans avant le tournage ; il ne démontre pas que le puits serait resté inviolé durant tout ce temps.
Lire et protéger une maison d’éternité
La chapelle accueillait les offrandes et entretenait la mémoire du défunt ; le puits conduisait vers l’espace d’inhumation. Le nom, les titres et les figures de l’entourage donnent sens à cette organisation. Après son dégagement, la chapelle a reçu une couverture métallique. Le film montre également la fermeture quotidienne des accès et le sceau de l’inspecteur des Antiquités. L’ouverture d’une maison d’éternité impose aussitôt de protéger ce qui vient de réapparaître.
Pour aller plus loin
La fiche approfondie reprend les lectures et les explications de Vassil Dobrev, en distinguant les éléments montrés dans le reportage des interprétations qu’il propose. Elle replace les titres de Pépior et son entourage dans le fonctionnement d’une maison d’éternité de l’Ancien Empire.
Sources et références
- Des Racines et des Ailes – France Télévisions : Les archéologues ouvrent une maison d’éternité oubliée depuis des millénaires ! — source audiovisuelle des lectures de Vassil Dobrev.
- IFAO — présentation et bibliographie de Tabbet el-Guech
- IFAO — opération de Tabbet el-Guech