Coptos et Qous, portes du désert

Coptos et Qous, villes de caravanes entre le Nil et la mer Rouge, ne gardent que quelques vestiges.

Couronnement de la porte de Qous, avec son inscription grecque.
Couronnement de la porte de Qous, avec son inscription grecque. Description de l’Égypte, Antiquités IV, pl. 1, fig. 1. Mise en couleur illustrative réalisée avec l’IA, sans valeur de fac-similé.

Dans les textes de la Description

Le 8 messidor an VII (26 juin 1799), les deux ingénieurs quittent Qené pour Thèbes, « désormais l’objet principal de notre curiosité et de nos recherches ». Ils suivent un général en tournée d’inspection des canaux, par la route du désert, dans « la saison la plus chaude de l’année ».

Coptos est une ville de passage. « Les débris de cette ville […] sont situés presque au milieu de l’espace compris entre la rive orientale du Nil et le pied de la chaîne arabique, en face d’une plaine de sable sillonnée par les torrens. Là, se trouve une espèce de bas-fond formant un chemin, que les caravanes suivaient autrefois, et qu’elles peuvent suivre encore aujourd’hui, pour rejoindre la route de Qoçeyr. » Sa fortune, disent-ils, vient des Ptolémées, qui en firent « l’entrepôt du commerce de l’Inde, au moyen de la route qu’ils établirent de cet endroit jusqu’à Bérénice, à travers les montagnes et les sables du désert ».

Des temples, il reste des bases de colonnes, un pylône de granit renversé, une église chrétienne faite de remplois. Une chaussée traverse la plaine jusqu’à la montagne, avec un pont de sept arches « construit avec des débris de monumens égyptiens, ainsi qu’il est facile d’en juger par les hiéroglyphes retournés ».

À Qous, un seul vestige se dresse. « Au milieu de la place se trouve la seule antiquité égyptienne qui soit encore debout : c’est une porte semblable à celle du nord à Denderah. Elle est enfouie jusqu’au linteau ; mais ce que l’on en voit, excite un vif intérêt. Ce morceau d’architecture, au milieu de la désolation qui l’environne, contraste d’une manière frappante avec les maisons en ruine et les masures de Qous. » Ils prédisent sa disparition : « il sera incessamment envahi par les immondices qui l’enveloppent de toutes parts et qui augmentent tous les jours. »

L’enfouissement a un avantage : il les met à hauteur de la corniche. « Son état d’encombrement nous a donné le moyen d’approcher de la partie supérieure, et de tracer avec exactitude le dessin du globe ailé qui décore son élégante corniche. » Ils y copient une inscription grecque qui nomme la reine Cléopâtre et le roi Ptolémée, dieux Philométors.

Description de l’Égypte (1809-1829), T. III, suite du chap. X, « Notice sur les ruines de Qeft et de Qous » (Jollois et Devilliers).

Deux siècles plus tard

Coptos, Gebtou pour les Égyptiens et aujourd’hui Qift, était la ville du dieu Min, maître des pistes du désert oriental. C’est d’ici que partaient, dès l’époque pharaonique, les expéditions vers les carrières du Ouadi Hammamat et les mines d’or ; plus tard, les caravanes vers les ports de la mer Rouge, Myos Hormos et Bérénice, d’où l’on commerçait avec l’Arabie et l’Inde. Un tarif douanier romain gravé, trouvé sur place, fixe le prix du passage pour chaque type de voyageur.

Flinders Petrie fouille le temple de Min en 1893-1894 et y découvre trois colosses du dieu, parmi les plus anciennes statues monumentales d’Égypte, aujourd’hui conservés à Oxford et au Caire. Le petit temple sans colonnes de « Kymân » correspond au temple d’Isis d’el-Qal’a, de l’époque romaine, toujours debout.

Qous, l’Apollinopolis Parva des Grecs, dédiée à Haroéris, a connu une seconde gloire au Moyen Âge : aux XIIe-XIVe siècles, elle fut la grande ville de Haute-Égypte, étape des pèlerins vers La Mecque par la mer Rouge. La porte copiée en 1799 portait une dédicace de Ptolémée VI et de Cléopâtre II ; elle n’est plus visible aujourd’hui, ce qui donne aux relevés de la Description une valeur de témoignage.

Sources

Textes anciens

  • Description de l’Égypte, Antiquités-Descriptions, T. III, suite du chap. X, « Notice sur les ruines de Qeft et de Qous » (Jollois et Devilliers).
  • Illustration : Description de l’Égypte, Antiquités IV, pl. 1, fig. 1.

Partie « Deux siècles plus tard » : synthèse de l’état actuel des connaissances. Sources consultées et connaissances présentées : 31 octobre 2026.