Gournah, à plat ventre dans la poussière

Deux explorateurs avancent sous le plafond bas d’une tombe encombrée de sable.
Dans les passages ensablés de Gournah. Aquarelle interprétative créée avec l’IA. © Visite Égypte.

Dans les pas de Giovanni Battista Belzoni · 1817. Récit adapté du témoignage du voyageur.

À l'entrée, les galeries paraissent assez faciles. Plus loin, le sable et les éboulements réduisent le passage. Il faut se baisser, puis ramper. Je cherche des papyrus et j'ai décidé d'aller au-delà de ce que la plupart des visiteurs peuvent voir.

La longueur du passage

Les guides portent des torches. Leur lumière laisse les parois sombres et fait apparaître les figures par morceaux. Les salles s'enchaînent avec des corridors où l'on avance mal. Des pierres aiguës blessent les appuis ; sous certains plafonds, il ne reste que la place de glisser le corps.

La poussière se soulève au moindre mouvement. Elle entre dans la bouche, irrite les poumons, rend l'air plus difficile à respirer. J'ai déjà fait plusieurs de ces excursions ; je sais la fatigue avec laquelle on en revient. La répétition atténue l'effroi, mais ne donne pas un air meilleur.

Les corps ont été entassés, déplacés, accumulés dans des chambres devenues presque impraticables. Je ne rencontre pas une sépulture isolée, avec ses objets bien ordonnés, mais des espaces bouleversés où chaque pas exige de chercher sa place.

Un appui qui disparaît

Une fois, après un long corridor, je veux me reposer dans un caveau plus large. Je m'assieds sur un amas qui cède sous mon poids. En cherchant à me retenir aux corps voisins, je les fais se désagréger eux aussi.

La poussière m'enveloppe. Je reste immobile, environ un quart d'heure, jusqu'à ce qu'elle se dissipe assez pour me permettre de reprendre mes mouvements. L'endroit où j'avais cru trouver un siège ne porte plus.

Dans un autre passage, les restes humains sont si serrés qu'il ne subsiste que la largeur du corps. La pente m'aide à avancer, mais elle entraîne aussi avec moi des fragments que je ne peux éviter de déplacer. Mon visage passe tout près de ceux des défunts. Je poursuis avec peine jusqu'au caveau suivant.

Ce que je suis venu chercher

Les rouleaux ne sont pas toujours déposés séparément. J'en ai trouvé sous les bras des momies, près du torse, autour des jambes, enveloppés avec elles dans les bandes de toile. Cette possibilité me fait reprendre des explorations dont je connais pourtant les difficultés.

Je reviens souvent épuisé, parfois près du malaise. La recherche des papyrus a occupé mon attention ; les passages étroits, la poussière et les appuis qui s'effondrent ont occupé le reste de mon corps.

Dans mon récit, je peux décrire la route suivie. Sur place, il faut surtout trouver comment la refaire en sens inverse.