Vallée des Rois, au-delà du puits

Des explorateurs éclairent un puits qui interrompt un corridor de la tombe de Séthi Ier.
Au-delà du puits dans la tombe de Séthi Ier. Aquarelle interprétative créée avec l’IA. © Visite Égypte.

Dans les pas de Giovanni Battista Belzoni · 1817. Récit adapté du témoignage du voyageur.

Les ouvriers ne pensent pas trouver une grande tombe dans cette ravine où passe l'eau des pluies. J'ai pourtant demandé qu'ils creusent ici. Sous la terre, le rocher taillé finit par apparaître. Puis vient un corridor peint, et mon attente change d'échelle.

La route est coupée

Le passage descend, un escalier le prolonge, puis un nouveau corridor nous conduit plus avant dans la montagne. Les signes sont sculptés et peints ; le plafond porte encore ses ornements. À mesure que j'avance, je veux savoir où tout cela mène.

Un puits interrompt le chemin. Il est large et profond, trop large pour être franchi sans préparation. En face, de l'autre côté, une petite ouverture apparaît. Une corde ancienne pend dans le vide ; quand nous touchons celle qui est proche de nous, elle tombe en poussière avec le bois qui la tenait.

Il faut suspendre la visite. Beechey est venu de Louxor pour entrer dans la tombe ; il partage mon impatience de franchir l'obstacle. Nous avons trouvé quelque chose de considérable et ne savons pas encore jusqu'où cela continue.

Les deux poutres

Le lendemain, nous posons une longue poutre sur le puits. Un ouvrier gagne le bord opposé et aide à mettre une seconde poutre en place. Ce pont nous permet de rejoindre l'ouverture.

Elle traverse un mur que les constructeurs avaient enduit et peint pour dissimuler la suite. La brèche existait déjà : nous ne sommes pas les premiers à avoir cherché un chemin au-delà du puits. Mais sans ce défaut dans la paroi, nous aurions pu croire la visite terminée.

Une salle à piliers apparaît. Plus loin, des figures sont restées à l'état de dessins. Je donne aux pièces des noms qui me permettront de les retrouver dans mes notes : le salon des dessins, la salle des beautés. Les appellations viennent de ce qui me frappe ; elles ne me disent pas encore le nom du propriétaire.

La pierre et la lumière

Nous descendons encore. Les reliefs, les peintures, les salles et les chambres latérales rendent l'ensemble plus vaste que je ne l'avais imaginé depuis l'entrée.

Dans la partie funéraire se trouve un sarcophage de pierre claire. Ses parois sont minces, couvertes de petites figures gravées à l'intérieur comme à l'extérieur. Une lumière placée derrière les fait paraître translucides. Le couvercle manque ; des fragments brisés ont été trouvés ailleurs.

Je mesure et je regarde. La tombe a été visitée, forcée, dépouillée ; elle conserve pourtant assez de couleurs et de travail pour me donner par moments l'impression d'un chantier achevé depuis peu. Derrière le premier puits, je ne pouvais rien voir de tout cela.