TT33, salle XX : une exception dans la bibliothèque de pierre

Dans une tombe célèbre pour l’abondance de ses inscriptions, la salle XX attire l’attention par sa singularité documentaire. Isabelle Régen la mentionne explicitement parmi les exceptions au programme décoratif de TT33. Cette indication permet de lui consacrer une notice, sans lui attribuer les compositions conservées dans les espaces voisins.

Un espace des niveaux profonds

Le plan publié par Claude Traunecker et Isabelle Régen en 2016 représente XX dans le secteur profond, à proximité de XIX. Il faut distinguer cette désignation de XXI, le caveau à redans associé à Osiris, et de XXII, le caveau secret de Padiaménopé. Les numéros ne décrivent pas à eux seuls un circuit continu : ils ne suffisent pas à établir qu’il faudrait traverser XX pour gagner ces deux caveaux.

La description du parcours profond part du puits de XII, passe par XVII et XVIII, puis atteint XIX. Un second puits, dans XIX, dessert le secteur de XXI. La publication de 2016 mentionne également, au bas de ce puits et vers le sud, un appartement encore rempli de déblais. Ce passage ne le nomme pas explicitement XX : l’identification doit être contrôlée avec le relevé architectural, plutôt que considérée comme acquise.

Ce que précise la note d’Isabelle Régen

Dans La tombe monumentale de Padiaménopé (TT 33). Bilan et perspectives, paru au BSFE 210 en 2024, la note 30 cite les salles III-a et XX, ainsi que plusieurs passages de porte, parmi les exceptions. Elle ajoute une observation distincte sur des zones décorées demeurées inachevées, en donnant l’exemple des plafonds astronomiques de XII et XIII.

Cette distinction est essentielle. La note ne décrit pas de tracés préparatoires rouges et noirs sur les parois de XX. Elle n’y localise pas davantage une version du Livre des Portes ou de l’Amdouat. À ce stade, nous ne présentons donc ni une traduction ni un inventaire de formules pour cette pièce.

Une place à comprendre dans l’ensemble du monument

Dans les salles profondes voisines, le Livre des Cavernes se déploie dans XVII–XIX ; le réveil d’Osiris est décrit sur la paroi est de XIX. La version de l’Amdouat du caveau XXII a sa propre disposition. Ces localisations permettent de comprendre le contexte de XX sans transférer ces textes sur ses murs.

La salle XX rappelle ainsi que la bibliothèque de pierre ne se lit pas comme une succession uniforme de pièces inscrites. Les exceptions, les changements de niveau et les espaces dont la fonction reste discutée font aussi partie du monument. Sa destination précise, l’état détaillé de ses parois et ses communications appellent encore une documentation spécifique.

La réouverture de 2005 : une histoire commune

L’université de Strasbourg date du 5 décembre 2005 l’abattage des murs de protection qui a rendu la partie fermée de la tombe à l’étude. Ce jalon concerne l’ensemble du secteur intérieur. Il ne constitue pas, à lui seul, un compte rendu de fouille ou une description des parois de XX.

Sources et repères

Isabelle Régen, BSFE 210, 2024, p. 69–91, note 30 ; Traunecker et Régen, BSFE 193–194, 2016, fig. 1–2, p. 54–55, et p. 72 ; Université de Strasbourg, présentation du projet épigraphique du 18 février 2011.

Lire également : salle XIX, salle XXI, salle XXII.