Le vert égyptien et la malachite : deux verts, deux histoires

Fragments de chrysocolle, une matière verte distincte de la malachite. Aquarelle créée par IA.
Fragments de chrysocolle, une matière verte distincte de la malachite. Aquarelle créée par IA.

Le vert des peintures égyptiennes vient tantôt d’un minerai de cuivre broyé, tantôt d’un pigment cuit au four, tantôt d’un mélange. C’est la couleur de la végétation, du renouveau et de la peau d’Osiris.

La malachite, un vert naturel

La malachite est un carbonate de cuivre que l’on trouve dans le désert oriental et au Sinaï. Broyée, elle donne un vert franc. Elle sert très tôt, comme fard pour les yeux et comme pigment. Sa préparation est simple, mais sa couleur dépend fortement de la finesse du broyage.

Le vert égyptien, un pigment cuit

Comme le bleu égyptien, le vert égyptien est fabriqué au four à partir de silice, de calcium et de cuivre, avec un dosage différent. Il se compose d’une phase vitreuse riche en cuivre et de cristaux de silicate de calcium. Il est bien attesté dans les peintures à partir du Moyen Empire et sert largement au Nouvel Empire. Les peintres obtiennent aussi des verts en superposant ou en mélangeant du bleu et du jaune.

Deux fabrications à comparer

L’étude de pains de pigments et d’échantillons conservés au Louvre distingue les produits bleus et verts fabriqués au four. Leur comparaison porte sur les phases minérales, la température et les conditions de cuisson. Une proximité de composition peut orienter l’enquête sur les techniques ; elle ne suffit pas, à elle seule, à attribuer les couleurs à un même atelier.

Un vert qui change

Les verts à base de cuivre réagissent avec leur environnement. Selon l’humidité et les sels présents dans la paroi, certains ont viré au bleu ou au brun, d’autres se sont transformés en chlorures de cuivre. Une couleur que l’on voit aujourd’hui n’est donc pas toujours celle que le peintre a posée. L’analyse chimique aide à reconstituer la teinte d’origine.

Le sens du vert

En égyptien, la racine ouadj désigne à la fois le vert, la fraîcheur et ce qui prospère. La tige de papyrus, signe ouadj, sert d’amulette de vie. Osiris, dieu de la renaissance, a souvent la peau verte : elle évoque la végétation qui renaît après la crue. La palette normative de Visite Égypte retient #5C8A3D pour le vert égyptien.

Pour prolonger : Osiris · L’arsenic qui trahit l’atelier · Le bleu égyptien · Kem, desher, ouadj

Sources principales

Arts et savoirs