
Dans les pas de Giovanni Battista Belzoni · 1817. Récit adapté du témoignage du voyageur.
Nous décidons de descendre la cataracte dans le bateau qui nous a ramenés de Nubie. Ma femme gagnera Assouan par terre. Les bateliers font quelques objections ; nous convenons d'un paiement et prenons le chemin de l'eau.
Le retour vers Philae
Depuis Abou Simbel, les escales n'ont pas toutes été faciles. Nous avons regardé les temples de Derr et d'Amada, passé près de Séboua, tenté une nouvelle visite à Kalabcha. Là, une discussion à l'entrée a tourné à la rixe ; nous avons préféré rejoindre notre embarcation.
À Taffa, le courant resserré nous a empêchés d'approcher la rive. Plus loin, Debod a offert une autre halte. Les temples se suivent, mais le fleuve ne nous permet pas de descendre à terre dès que nous le désirons.
Nous atteignons enfin Philae. Nous connaissons déjà les lieux et la route de terre vers Assouan. Pourtant, nous conservons le bateau et choisissons de franchir le Chellal. Pour les hommes qui le conduisent, la question est assez sérieuse pour qu'ils aient discuté nos conditions.
Attendre la grande chute
Nous partons entre les rochers et les remous. À mesure que nous avançons, j'attends le passage qui donnera tout son sens au nom de cataracte.
J'ai vu la région pendant les basses eaux : des rocs divisent le lit en plusieurs branches et rendent l'écoulement particulièrement visible. Le souvenir de cette configuration prépare mon attention. Je guette la grande chute que nous allons rencontrer.
Un remous est plus fort que les précédents. Nous le franchissons. Il ne me paraît pourtant pas sortir beaucoup de ce qu'on peut éprouver sur d'autres fleuves. Nous poursuivons, et je continue à attendre la suite.
Puis il faut se rendre à l'évidence : la cataracte est passée. Moins d'une heure a suffi. Nous l'avons descendue sans reconnaître le grand moment que nous nous préparions à vivre.
Déjà en aval
Je ne peux pas prétendre avoir été privé d'une traversée. Le bateau vient de la faire, avec les bateliers qui connaissent ses passages. Ce sont les images que j'avais apportées avec moi qui n'ont pas trouvé leur événement.
Les rochers sont bien là, les courants aussi, mais le fleuve ne nous a pas donné la scène attendue. Après les difficultés du retour et les objections du départ, nous voici simplement de l'autre côté.
Il reste à rejoindre Assouan. Nous aurons quelque chose à raconter de cette descente : nous attendions encore la cataracte lorsqu'elle était déjà derrière nous.