Les temples funéraires royaux

Les temples funéraires royaux
Un des deux colosses de Memnon qui dominent encore la plaine. © Charles Rossignol

Sur la rive ouest de Thèbes, plusieurs souverains firent construire des temples pour les rites liés à leur mémoire. Ces édifices sont distincts des tombes royales creusées dans la montagne. Le parcours réunit ici six dossiers, du Moyen Empire à l’époque ramesside.

En quelques mots

Au Nouvel Empire, les rois sont enterrés dans des tombes cachées de la Vallée des Rois. Leur culte funéraire se déroule ailleurs, dans de grands temples bâtis en bordure des terres cultivées. Le ministère égyptien des Antiquités décrit ainsi Médinet Habou comme un temple voué à la fois aux rites funéraires de Ramsès III et au culte d’Amon. Le temple d’Hatchepsout abritait aussi des chapelles pour son père Thoutmosis Ier, pour Hathor et pour Anubis.

Ce que l’on découvre

À Deir el-Bahari, le temple de Montouhotep II et celui d’Hatchepsout appartiennent à des époques différentes. Le second, Djeser-djeserou, « le sacré des sacrés », fut conçu par Senenmout, intendant d’Amon : trois terrasses bordées de colonnades, ornées de reliefs de l’expédition au pays de Pount. À Kôm el-Hettan, les colosses de Memnon signalent le vaste temple d’Amenhotep III, dont l’essentiel a disparu.

Le temple de Séthi Ier à Gournah, le Ramesseum de Ramsès II et Médinet Habou de Ramsès III prolongent cette histoire. Les murs du Ramesseum racontent la bataille de Qadesh, et une statue assise du roi y dépassait 17 m de haut. Médinet Habou montre les campagnes contre les Libyens et les Peuples de la mer, derrière une porte fortifiée à deux tours.

Ce qu’il faut regarder

Les colosses de Memnon, sur la photographie, sont les deux statues assises d’Amenhotep III qui marquaient l’entrée de son temple. Restés seuls dans la plaine, ils donnent l’échelle d’un sanctuaire presque effacé : ce que le visiteur voit aujourd’hui dépend autant de la conservation que des projets antiques.

Son histoire

Ces temples n’étaient pas isolés. Autour du Ramesseum s’étendaient des greniers, des cuisines et des magasins ; Médinet Habou réunissait palais royal, entrepôts, bâtiments administratifs et écuries, protégés par une enceinte de briques crues et reliés au Nil par un canal. Le site de Médinet Habou était d’ailleurs sacré bien avant Ramsès III : Hatchepsout et Thoutmosis III y avaient bâti un temple d’Amon. Champollion donna au Ramesseum son nom moderne en 1829. Pour le ministère égyptien, ce temple a servi de modèle aux temples royaux qui l’ont suivi et reste une source précieuse sur le règne de Ramsès II et sur les croyances de son temps.

Pour parcourir les fiches

Les six fiches permettent de comparer la place des rites, la représentation du souverain et les changements de l’architecture, de Montouhotep II à Ramsès III. Leurs reliefs, cours et bâtiments annexes ne doivent pas être fondus dans un plan type unique.

Sources

UNESCO, Thèbes antique et sa nécropole : https://whc.unesco.org/en/list/87

Ministère égyptien, Ramesseum : https://egymonuments.gov.eg/ar/monuments/the-ramesseum-the-temple-of-ramses-ii

Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, temple de Médinet Habou : https://egymonuments.gov.eg/en/monuments/the-temple-of-medinet-habu

Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, temple d’Hatchepsout : https://egymonuments.gov.eg/en/monuments/hatshepsut-temple/