
En quelques mots
À Deir el-Bahari, sur la rive occidentale de Thèbes, le roi Nebhépetre Montouhotep II, de la XIe dynastie, fit édifier un temple-tombeau au pied d’une falaise calcaire. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités situe son règne vers 2055–2004 av. J.-C., soit environ six siècles avant la construction du temple voisin d’Hatchepsout, avec lequel il ne faut pas le confondre. Le lieu fut choisi, selon la même source, pour son caractère sacré lié à la déesse Hathor et pour le sommet naturel en forme de pyramide qui domine la baie.
Ce que l’on découvre
Le monument servait à la fois de sépulture et de temple funéraire : on y entretenait le culte du roi défunt afin d’assurer la survie de son âme dans l’au-delà. Il associait des terrasses à colonnades, des espaces de culte et, au centre de la grande terrasse, une structure monumentale que certains chercheurs interprètent comme un mastaba. La forme de ce massif reste discutée : une petite pyramide a aussi été proposée, mais aucune hypothèse n’est démontrée, et c’est pourquoi les illustrations du site le représentent comme un volume bas et schématique. Plus à l’ouest, le temple rejoignait la falaise avec une salle à colonnes et un sanctuaire.
Son histoire
Les décors du temple ont en grande partie disparu. Des carrières ouvertes à la fin de l’époque ramesside exploitèrent ses murs, et les fouilleurs ont dû travailler sur des milliers de fragments. Lord Dufferin explora le site en 1859–1860 ; Édouard Naville y conduisit ensuite des fouilles pour l’Egypt Exploration Fund entre 1903 et 1907. Une partie des objets fut confiée à des musées étrangers, dont le Metropolitan Museum de New York, ce qui impose de distinguer le lieu de découverte du lieu de conservation actuel.
Ce qu’il faut regarder
Le Metropolitan Museum conserve un fragment de relief en calcaire peint, haut de 49 centimètres et large de 107, où des oiseaux se tiennent parmi les papyrus. Il appartenait à une grande scène de chasse du roi dans les marais, et il se trouvait vraisemblablement dans l’une des colonnades hautes du temple ; on le date de la fin du règne de Montouhotep II. Un autre élément, une chapelle de la reine Hénénet, haute de 120 centimètres, reconstitue en calcaire une architecture imitant le bois. Hénénet est l’une des six épouses royales secondaires enterrées sous la cour intérieure, et elle était prêtresse d’Hathor. Il s’agit d’une restauration moderne qui incorpore des fragments antiques : le visiteur doit donc séparer ce qui est ancien de ce qui a été recomposé.
Pourquoi ce lieu compte
Montouhotep II a réuni l’Égypte après une période de division et inscrit cette réunification dans le paysage thébain. Il a conçu pour cela une architecture de terrasses et de portiques adaptée à la falaise. Malgré les pertes, les fragments conservés renseignent sur la qualité du décor et sur l’organisation des cultes.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Deir al-Bahari, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Relief with Birds in the Papyrus Thicket, Metropolitan Museum of Art ; Part of the shrine of Queen Henhenet, Metropolitan Museum of Art.