
En quelques mots
Sur la rive ouest de Thèbes, face à Karnak, le temple de la reine Hatchepsout s’adosse aux falaises de Deir el-Bahari. Appelé Djéser-Djéserou, « le Saint des Saints », il fut conçu, selon le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, par l’architecte Sénènmout. La souveraine régna vers 1473–1458 av. J.-C. Son plan en terrasses rompt avec les temples funéraires de l’Ancien Empire, plus repliés sur leur intérieur : ici, l’édifice se construit pour être vu et parcouru.
Ce que l’on découvre
Trois niveaux de terrasses, reliés par des rampes, s’élèvent au pied de la falaise. Chacun est rythmé par un portique. Le niveau supérieur s’ouvre sur une cour où des statues momiformes d’Hatchepsout en Osiris se dressent contre les piliers. Le Metropolitan Museum évoque à l’origine vingt-six colosses osiriaques le long de la façade. Sur l’axe central, le sanctuaire d’Amon est creusé dans la roche, à la place d’honneur. D’autres espaces sont dédiés à Thoutmosis Ier, père de la reine, à Hathor, à Anubis et à Rê-Horakhty. Les murs peints montrent des cérémonies, des fêtes et le transport d’obélisques vers Karnak.
Ce qu’il faut regarder
Le portique du niveau médian mérite le temps le plus long. Il porte les reliefs de l’expédition au pays de Pount, que le ministère décrit comme une documentation très vivante : habitants, maisons, faune et marchandises d’échange y sont détaillés, dans une région que l’on situe près de l’actuelle Érythrée. Ces images sont aussi un discours. À proximité, les scènes de naissance divine affirment la filiation d’Hatchepsout avec Amon et fondent son droit à régner. Il faut lire ces surfaces comme des textes politiques et religieux autant que comme des récits de voyage.
Un second regard porte sur la pierre elle-même. Certaines parties sont restaurées, des blocs ont été remis en place, et les statues de la souveraine ne sont pas toutes à l’endroit où elles se dressaient. Distinguer l’antique du reconstitué aide à comprendre ce que l’on voit réellement.
Son histoire
Le chantier fut mené pendant la corégence d’Hatchepsout et de Thoutmosis III, sur quatorze à seize ans selon le Metropolitan Museum, sous la supervision probable de Sénènmout. À la mort de la reine, Thoutmosis III fit détruire ses statues, et d’autres dommages suivirent à l’époque amarnienne, vers 1340 av. J.-C. Le Metropolitan Museum travaille sur le site à partir de 1911. En 1926, l’équipe découvre une masse de fragments de statues brisées de la reine près de la chaussée de Montouhotep. Depuis 1961, la mission polono-égyptienne restaure le monument.
Pourquoi ce lieu compte
La liste du patrimoine mondial de l’UNESCO inscrit Deir el-Bahari dans l’ensemble de Thèbes antique et sa nécropole, en citant les portiques, les terrasses superposées et les fresques du voyage à Pount. Le temple réunit culte funéraire, sanctuaire d’Amon et affirmation du pouvoir d’une femme devenue roi. Plusieurs questions demeurent ouvertes, notamment l’ordre exact des travaux et la place initiale de nombreuses scènes fragmentaires.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Thèbes antique et sa nécropole, UNESCO ; Hatshepsut Temple, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Model of the Temple of Hatshepsut at Deir el-Bahri, Metropolitan Museum of Art.