Kôm el-Hettan, temple funéraire d’Amenhotep III et colosses de Memnon

Les colosses de Memnon marquaient l’entrée du temple d'Amenhotep III © Charles Rossignol
Les colosses de Memnon marquaient l’entrée du temple d’Amenhotep III © Charles Rossignol

En quelques mots

Sur la rive ouest de Thèbes, deux statues assises d’Amenhotep III, les colosses de Memnon, marquaient l’entrée de son temple de Millions d’Années, à Kôm el-Hettan. Elles dominent encore la plaine, alors que le temple qui s’étendait derrière elles a presque disparu. Depuis 1998, une mission égypto-allemande fouille et conserve le site, sous l’autorité du ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités et avec l’Institut archéologique allemand. Le projet est dirigé par Hourig Sourouzian. Il révèle un ensemble bien plus vaste que les seules statues.

Ce que l’on découvre

Devant les deux colosses, la plaine nilotique paraît presque vide. Les vestiges se lisent plus bas : bases de colonnes, blocs décorés, fragments de statues. Ils indiquent que le monument comprenait des cours, des pylônes et une grande salle à colonnes. Les fouilles ont livré des figures du roi, de la reine Tiyi et de divinités. Certaines pièces ont été nettoyées, restaurées ou replacées : elles ne se trouvent donc pas toutes à l’endroit exact de leur découverte.

Ce qu’il faut regarder

Plusieurs trouvailles donnent une idée précise de ce que fut ce temple. Deux sphinx colossaux en calcaire représentant Amenhotep III ont été retrouvés près de la porte du troisième pylône. Selon les études de la mission rapportées par le ministère, ils mesurent environ 8 mètres de long. Coiffés d’un couvre-chef à tête de mangouste, ils portent une inscription qui désigne le roi comme « aimé du dieu Amon-Rê ». Leur présence confirme l’existence d’une voie de procession.

Autre pièce remarquable, une statue d’Horus en granit noir, haute de 1,85 mètre, a été découverte dans la salle à colonnes. Le dieu à tête de faucon y est figuré sous forme humaine, vêtu d’un pagne ; les bras et les jambes sont brisés, mais l’ensemble est bien conservé. Des bustes de Sekhmet en granit noir ont été trouvés dans la cour et la salle à colonnes. Des parois de grès montrent en outre des scènes de la fête Sed, le jubilé royal.

Illustration du site Kôm el-Hettan, temple funéraire d’Amenhotep III et colosses de Memnon
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

Son histoire

Amenhotep III fit construire ce temple au XIVe siècle av. J.-C. pour son culte royal. Le monument fut ensuite gravement détruit. Le ministère évoque des séismes antiques, et les constructeurs de l’époque ramesside réemployèrent ses pierres pour d’autres édifices. Les fouilles modernes forment une dernière phase : la mission identifie des fragments, les étudie et en replace certains. Il faut donc distinguer, sur place, les éléments antiques conservés, les pièces sorties du sol et les interventions de conservation.

Pourquoi ce lieu compte

Kôm el-Hettan montre comment un monument peut survivre dans la mémoire grâce à deux statues, alors que la plupart de ses bâtiments ont disparu. Il appartient à la rive ouest de Thèbes, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO parmi les nombreux temples et tombes de la nécropole. Les découvertes permettent de retrouver une partie de son programme religieux et royal. Elles rappellent aussi que restituer le temple entier reste une enquête : les fondations et les lieux de trouvaille fournissent les indices, non une image certaine.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : New archaeological discoveries in the project to restore the Colossi of Memnon and the temple of King Amenhotep III, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Large Fragment of a Monumental Statue of Horus Discovered in the Mortuary Temple of Amenhotep III, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Thèbes antique et sa nécropole, UNESCO.