Gournah, temple funéraire de Séthi Ier

Illustration du site Gournah, temple funéraire de Séthi Ier
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

À Gournah, sur la rive occidentale de Thèbes, Séthi Ier fit bâtir un temple de « millions d’années », destiné au culte royal et à Amon-Rê. Ce monument se distingue de sa tombe, KV17, creusée dans la Vallée des Rois, et de son grand temple d’Abydos. L’Institut archéologique allemand (DAI) y a mené des fouilles de 1969 à 2001 et prépare aujourd’hui la publication de leurs résultats.

Ce que l’on découvre

Le visiteur aborde un temple ruiné, à la lisière des terres cultivées de la rive ouest, au pied du massif thébain. Le monument date de l’époque où les rois, suivant l’exemple de la XVIIIe dynastie, séparent la tombe, cachée dans la montagne, et le temple, bâti au bord de la zone désertique, face au Nil et aux temples de la rive est. Ce type de temple abritait le culte du roi et le repos de la barque d’Amon lors des processions de la rive ouest, notamment la Belle Fête de la Vallée, d’après Guy Lecuyot. Les élévations sont aujourd’hui lacunaires, et c’est l’étude des vestiges et des archives qui permet de restituer l’ensemble.

Son histoire

Séthi Ier régna vers 1294–1279 av. J.-C., selon la chronologie du ministère égyptien. Guy Lecuyot, chercheur au CNRS, relève que Séthi Ier avait déjà employé à Gournah des innovations (un pylône de pierre, un colosse, une salle hypostyle) que l’on retrouve ensuite au Ramesseum. Son fils Ramsès II construisit le Ramesseum sur les mêmes fondations qu’un petit temple de son père, et le respect de ce plan explique, selon le même auteur, la forme irrégulière de son temple. Des fouilles ont été menées à Gournah de 1969 à 2001 sous la direction de Rainer Stadelmann, avec des rapports publiés dans les Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts, Abteilung Kairo (MDAIK) entre 1972 et 1982.

Ce qu’il faut regarder

Le meilleur détail est l’emplacement même du temple : entre lui et le Ramesseum, plus au sud, s’étendent des terres cultivées, en bordure desquelles plusieurs monuments royaux s’alignaient parallèlement au Nil. Lecuyot précise que le temple de Séthi Ier marque la limite nord de cet alignement, tandis que le petit temple de Médinet Habou en marque la limite sud.

Pourquoi ce lieu compte

Gournah est un maillon essentiel de l’histoire du temple de millions d’années. Il montre comment un roi de la XIXe dynastie associait, sur la rive ouest, un culte d’Amon et un culte royal, à l’écart de sa sépulture cachée dans la montagne. Le temple compte aussi parmi les composantes du bien « Thèbes antique et sa nécropole », inscrit par l’UNESCO en 1979. Le programme actuel du DAI, dirigé par Kathrin Gabler et Dietrich Raue en collaboration avec l’université de Mayence, porte sur le traitement et la publication des données de fouille, ainsi que sur la numérisation des archives. Beaucoup reste donc à publier.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : The Temple of Seti I at Qurna, Deutsches Archäologisches Institut ; Thèbes antique et sa nécropole, UNESCO, Centre du patrimoine mondial ; Guy Lecuyot (CNRS), The Ramesseum (Egypt), Recent Archaeological Research.