Karnak

Karnak
Karnak : les sphinx à tête de bélier devant le premier pylône © L’Égypte, voyage au fil du Nil.

Karnak n’est pas un seul temple. Sur la rive est de l’ancienne Thèbes, plusieurs enceintes, sanctuaires et chapelles ont été bâtis et transformés durant de nombreux règnes. Cette fiche oriente vers leurs histoires distinctes, notamment le domaine d’Amon-Rê et le sanctuaire de Mout.

En quelques mots

Les anciens Égyptiens appelaient Karnak Ipet-Sout, « le plus choisi des lieux ». C’était le grand centre religieux du culte d’Amon, sur la rive est de Thèbes, l’actuelle Louxor. Le site fait partie du bien « Thèbes antique et sa nécropole », inscrit au patrimoine mondial par l’UNESCO en 1979.

Ce que l’on découvre

Karnak se compose de plusieurs enceintes. Le domaine d’Amon-Rê est la plus étendue et la plus connue. Au sud se trouve le domaine de Mout, associé au lac Isherou ; au nord, celui de Montou ; à l’est, Akhenaton avait fait élever un temple dédié à Aton. Ces noms désignent des ensembles et ne doivent pas effacer les bâtiments particuliers qu’ils contiennent.

Dans le domaine d’Amon-Rê, on reconnaît la grande salle hypostyle, l’obélisque d’Hatchepsout, haut de près de 30 m pour plus de 300 tonnes, l’Akhmenou de Thoutmosis III, le temple de Khonsou dans l’angle sud-ouest et le lac sacré où se purifiaient les prêtres. Une allée de sphinx reliait Karnak au temple de Louxor.

Ce qu’il faut regarder

La grande salle hypostyle est une véritable forêt de 134 colonnes. Elles mesurent 15 m de haut, et les douze colonnes de l’allée centrale atteignent 21 m. Commencée sous Amenhotep III, la salle fut surtout bâtie et décorée sous Séthi Ier et Ramsès II, au cours de la XIXe dynastie. Ses dimensions dépassent de loin celles de toute autre salle à colonnes d’un temple égyptien : la cathédrale Notre-Dame de Paris y tiendrait presque entière. Les colonnes de l’allée centrale portent des chapiteaux en forme de papyrus épanoui ; au-dessus des bas-côtés, de grandes claustras de pierre laissaient filtrer un jour atténué. Sur la photographie, les sphinx à tête de bélier gardent l’entrée, devant le premier pylône.

Son histoire

Les plus anciens témoignages datent du règne d’Antef II, vers 2112–2063 av. J.-C. Presque tous les rois du Nouvel Empire (vers 1550–1069 av. J.-C.) ont ensuite agrandi les temples, et les constructions se sont poursuivies sous les Ptolémées puis à l’époque romaine. Une colonne, un pylône ou une chapelle visible aujourd’hui appartient donc à une phase particulière de cette histoire. L’ordre des monuments dans le parcours du visiteur n’est pas nécessairement l’ordre de leur construction, et certains blocs ont été réemployés d’un chantier à l’autre.

Pour parcourir les fiches

La fiche du domaine d’Amon-Rê ouvre six dossiers de monuments. La fiche du sanctuaire de Mout traite le secteur méridional et son lac. Les sanctuaires de Montou sont présentés dans un autre ensemble du parcours thébain.

Sources

Ministère égyptien, Karnak : https://egymonuments.gov.eg/archaeological-sites/karnak/

UNESCO, Thèbes antique et sa nécropole : https://whc.unesco.org/fr/list/87

University of Memphis, Karnak Great Hypostyle Hall Project : https://www.memphis.edu/hypostyle/about-architecture/