
En quelques mots
Karnak, nommé Ipet-Sout, « le plus select des lieux », par les Égyptiens, n’est pas un édifice construit d’un seul jet. Autour du sanctuaire d’Amon-Rê, déjà important au Moyen Empire, les rois du Nouvel Empire ont ajouté pylônes, cours, obélisques et salles. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités rappelle que presque tous les souverains de cette période ont contribué à son développement. L’ensemble visible superpose donc des décisions prises sur plusieurs siècles, sur la rive orientale de Thèbes, dans l’actuelle Louxor.
Ce que l’on découvre
Hatchepsout fit élever des obélisques et participa à l’extension du temple ; l’un de ses obélisques dépasse presque 30 mètres et pèse plus de 300 tonnes. Thoutmosis III marqua l’axe méridional, notamment par le VIIe pylône, dont les inscriptions évoquent ses campagnes. Ces réalisations sont distinctes de la grande salle hypostyle, entreprise bien plus tard sous Séthi Ier et achevée sous Ramsès II : une forêt de 134 colonnes, hautes d’environ 15 mètres, sauf douze colonnes centrales qui atteignent 21 mètres. Le temple était consacré au culte d’Amon-Rê et servait aux processions de la triade thébaine. Une vue aérienne moderne montre toutes les phases ensemble, mais elle ne restitue pas l’expérience du visiteur d’une seule époque.
Ce qu’il faut regarder
Le VIIe pylône offre un détail précis. Le Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak (CFEETK) décrit une tour de grès d’environ 26 mètres de haut, avec un portail d’environ 13 mètres, jadis précédé de colosses et d’obélisques. Les parois portent de grandes scènes de roi massacrant des captifs, accompagnées de listes topographiques. L’équipe y distingue deux campagnes de gravure : l’une liée à la bataille de Megiddo, en l’an 23 du règne, l’autre à la huitième campagne contre le Mitanni, en l’an 33. Il faut donc regarder ces scènes comme des décors ajoutés en deux temps, non comme le compte rendu d’un chantier unique.
Son histoire
Les inscriptions royales, les joints de maçonnerie et les blocs remployés permettent d’attribuer des interventions. Depuis 2017, le CFEETK relève les blocs en place et environ 200 blocs épars provenant du portail, pour en étudier la chronologie et envisager un remontage. Une scène gravée par un roi peut aussi avoir été restaurée ou usurpée plus tard. L’agrandissement traduisait puissance royale et investissement religieux. Il ne faut toutefois pas attribuer chaque mur de Karnak à Hatchepsout ou à Thoutmosis III. Le noyau antérieur, les ajouts ramessides et les campagnes tardives doivent être lus séparément.
Pourquoi ce lieu compte
La valeur de Karnak est reconnue par l’UNESCO, qui l’inscrit depuis 1979 au sein de « Thèbes antique et sa nécropole », au titre des critères (i), (iii) et (vi). Le site conservé et restauré donne accès aux parties anciennes, mais les travaux modernes modifient l’apparence de certains secteurs. Pour une chronologie précise, les relevés du CFEETK priment sur une perspective illustrative.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Karnak, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Étude épigraphique du VIIe pylône, CFEETK, CNRS ; Thèbes antique et sa nécropole, UNESCO.