
En quelques mots
Au sud de la grande enceinte d’Amon se trouve le domaine de Mout, déesse majeure de la théologie thébaine. Il est relié au sanctuaire principal par une voie processionnelle. L’ARCE, qui diffuse les travaux de la mission du Brooklyn Museum, décrit un temple de plus de 20 acres (environ 8 hectares) à Karnak-Sud. Le lac sacré Isherou, en fer à cheval, entoure trois côtés du temple de Mout : cette forme est un type propre aux déesses dites Œil de Rê.
Ce que l’on découvre
Le domaine comprend le temple principal et d’autres édifices ; ses constructions et reprises appartiennent à diverses périodes. Son aspect actuel ne correspond pas à un seul programme de la XVIIIe dynastie. Les plus anciennes structures conservées remontent à Hatchepsout et à Thoutmosis III, mais des indices d’une construction du Moyen Empire ont été trouvés sous les niveaux plus récents. Mout fut particulièrement associée à Amon comme son épouse et à Khonsou comme mère dans la triade thébaine. Le temple principal occupe l’intérieur de la courbe du lac, et les archéologues y ont reconnu des portiques à 24 colonnes.
Ce qu’il faut regarder
Le premier détail est la forme même du lac : un fer à cheval dont la courbe enserre le temple, et non un bassin rectangulaire ordinaire. Le second tient aux statues de Sekhmet. L’ARCE rapporte que l’expédition du Brooklyn Museum a dégagé, conservé et replacé sur de nouveaux socles de nombreuses statues à demi enfouies, afin de les protéger des remontées d’eau souterraine. Il faut aussi repérer la porte de Taharqa et la porte d’époque thoutmoside, deux jalons distincts découverts par les fouilles, qui montrent que l’entrée du domaine a été remaniée.
Son histoire
Les fouilles du Brooklyn Museum, dirigées par Richard Fazzini, sont en cours depuis 1976 et ont mis en évidence une stratigraphie complexe. Depuis 2001, l’expédition de l’université Johns Hopkins partage le site et travaille notamment sur le temple de Ramsès III et les zones au sud du lac sacré ; les deux équipes agissent de façon indépendante mais coopèrent pour la conservation. Des monuments ont été déplacés vers le musée en plein air de Karnak ; leur lieu de conservation moderne ne doit pas être confondu avec leur position antique. Des phases tardives ont transformé des aménagements plus anciens.
Pourquoi ce lieu compte
La relation entre eau, déesse et procession éclaire la singularité du domaine. Elle ne permet pas de restituer un calendrier complet des cérémonies ni de dater toute la bordure du lac à une seule époque. Le temple de Mout est un secteur autonome de Karnak, qui échappe à l’image habituelle du grand temple d’Amon. Les fouilles et consolidations modifient l’accès au domaine ; un plan scientifique doit être consulté pour placer une statue ou un mur à une phase précise.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Mut Temple, American Research Center in Egypt ; Karnak, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités.