
En quelques mots
La grande salle hypostyle occupe l’espace compris entre le IIe et le IIIe pylône du temple d’Amon-Rê à Karnak, sur l’axe est-ouest qui conduit au sanctuaire. Elle compte 134 colonnes, couvre environ 5 000 m² et mesure 102 m de large, selon l’UNESCO, qui la dit commencée par Séthi Ier et achevée par Ramsès II. La répartition exacte entre les deux règnes est toutefois plus nuancée.
Ce que l’on découvre
Douze colonnes monumentales, en deux rangées de six, bordent la nef centrale. Leurs chapiteaux en papyrus épanoui mesurent 5,4 m de diamètre et les fûts atteignent une vingtaine de mètres (les publications donnent 20 ou 21 m selon les mesures). De part et d’autre, 122 colonnes nettement plus basses, à chapiteaux en bouton de papyrus fermé, portaient le niveau inférieur de la couverture. Cette différence de hauteur ménageait des fenêtres à grandes grilles de pierre, par lesquelles passait l’essentiel de la lumière. Presque toutes les dalles de couverture sont aujourd’hui tombées : la salle baigne en plein soleil, alors qu’elle devait être plongée dans un demi-jour, même à midi.
Son histoire
Les deux pylônes existaient avant la salle : Amenhotep III avait bâti le IIIe, et Horemheb le IIe, devenu la nouvelle entrée principale du temple. Plutôt que d’élever un portail de plus, les premiers rois de la XIXe dynastie choisirent de remplir l’espace libre entre les deux. Le projet a pu commencer sous Ramsès Ier, dont le règne dura environ deux ans, mais la salle est pour l’essentiel l’œuvre de Séthi Ier, qui fit dresser des murs transversaux reliant les ailes des deux pylônes. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités signale pour sa part que la salle a peut-être été commencée sous Amenhotep III, tout en attribuant l’essentiel de la construction et tout le décor à Séthi Ier (vers 1294–1279 av. J.-C.) et à Ramsès II (vers 1279–1213 av. J.-C.). Le point de départ du chantier reste donc discuté.
Ce qu’il faut regarder
Les architraves, ces poutres de pierre qui reliaient les colonnes, racontent une partie de l’histoire récente. Dans l’aile nord, beaucoup se sont effondrées et ont été remplacées au début du XXe siècle par des copies creuses en métal et en béton ; celles de la nef centrale et de l’aile sud subsistent en grande partie. Les portes percées au milieu des murs nord et sud méritent aussi un regard : elles ouvraient sur des chemins menant aux petits temples de Ptah et de Montou au nord, et de Khonsou au sud, qui coupent ainsi la procession est-ouest par un axe transversal.
Pourquoi ce lieu compte
Inscrite en 1979 avec le reste de « Thèbes antique et sa nécropole », la salle montre comment une architecture de pierre pouvait régler la lumière, l’échelle et la marche vers le sanctuaire d’Amon-Rê. Elle permet aussi de lire un chantier étalé sur plusieurs règnes : un support bâti sous Séthi Ier, un décor poursuivi sous Ramsès II. Un projet de l’université de Memphis est consacré à l’étude de ses reliefs et de ses inscriptions. Ce qui demeure incertain, le premier bâtisseur et le calendrier exact, rappelle que ce monument si familier est encore en cours d’étude.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Thèbes antique et sa nécropole, UNESCO, Centre du patrimoine mondial ; About the Architecture, Karnak Great Hypostyle Hall Project, University of Memphis ; Karnak, ministère du Tourisme et des Antiquités d’Égypte.