En quelques mots
Au cœur de Karnak, près de Louxor, les monuments célèbres du Nouvel Empire recouvrent une histoire plus ancienne. Dans la « cour du Moyen Empire », les chercheurs du Centre franco-égyptien d'étude des temples de Karnak (CFEETK) étudient les fondations d'un sanctuaire d'Amon-Rê antérieur aux grands pylônes et à la salle hypostyle. Une colonnette au nom d'Antef II témoigne déjà d'un culte à la XIe dynastie. Le bâtiment initial fut ensuite reconstruit et agrandi plusieurs fois.
Ce que l’on découvre
Sésostris Ier, roi de la XIIe dynastie, fit édifier un temple de calcaire sur une large fondation qui enveloppait la plateforme antérieure. D'après le CFEETK, son programme était environ quatre fois plus étendu que celui du temple précédent. Un portique à figures osiriaques du roi précédait une cour et trois pièces successives. Quatre seuils de granit portant des éléments de son nom sont parmi les rares parties encore en place. Le reste doit être restitué à partir de traces incomplètes.
Son histoire
Le sanctuaire abritait la statue d'Amon-Rê dans un naos. Un socle de calcite conservé a longtemps été replacé sur l'axe, mais les recherches du CFEETK précisent que cette position est erronée. Plus tard, le centre de culte fut remanié, puis une grande partie du calcaire du temple fut détruite ou récupérée. La « Chapelle blanche » de Sésostris Ier, remontée dans le musée de plein air de Karnak, est un autre monument : son emplacement d'origine est inconnu et elle ne doit pas être placée arbitrairement dans le temple primitif.
Pourquoi ce lieu compte
Ces premières phases montrent comment un sanctuaire a grandi par reprises successives, plutôt que d'apparaître achevé d'un seul coup. Les fondations, seuils et fragments de décor sont les preuves essentielles ; la silhouette du temple reste une restitution.
