Karnak, Akhmenou de Thoutmosis III

Illustration du site Karnak, Akhmenou de Thoutmosis III
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

À l’est du domaine d’Amon-Rê à Karnak, Thoutmosis III fit bâtir l’Akh-menou. On l’appelle souvent « salle des fêtes », mais le nom est trompeur : le monument rassemble une grande salle, des sanctuaires alignés sur l’axe, des salles solaires, des chambres dites funéraires et des pièces de stockage. Il permet de découvrir un édifice précis à l’intérieur du grand ensemble de Karnak, inscrit par l’UNESCO avec Thèbes antique et sa nécropole, et de comprendre comment le roi y inscrivit son culte, sa mémoire et sa vision du monde.

Ce que l’on découvre

La grande salle Héret-ib est la partie la plus reconnaissable. Son ordonnance de colonnes attire d’emblée le regard. Autour d’elle, les circulations mènent vers des espaces aux fonctions différentes. Le Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak (CFEETK) distingue les sanctuaires de l’axe, les salles solaires du nord, les chambres dites funéraires et les salles du sud, longtemps appelées magasins méridionaux. Ces noms de travail ne sont pas ceux des Égyptiens, et ils n’indiquent pas toujours un usage exclusif.

Ce qu’il faut regarder

Parmi les sanctuaires de l’axe figure celui d’Alexandre le Grand. Ce détail rappelle que l’édifice de Thoutmosis III a continué de vivre bien après son règne : des souverains plus tardifs y sont intervenus et y ont laissé leur marque. Il faut donc regarder les parois avec une question simple : quelle main a gravé cette scène, et à quelle époque ?

Le second point d’observation est le secteur surnommé « jardin botanique ». Des plantes et des animaux y sont figurés en ordre, selon les conventions de l’art royal. Il ne s’agit ni d’un herbier complet ni d’un relevé de naturaliste. Cette galerie montre ce que le pouvoir voulait présenter du monde connu sous l’autorité du roi. Ce secteur a fait l’objet d’une étude séparée, publiée par Nathalie Beaux.

Son histoire

L’Akh-menou appartient au règne de Thoutmosis III, mais son histoire matérielle ne s’arrête pas là. Des inscriptions plus tardives, des réemplois et des restaurations modernes se superposent au chantier d’origine. Le programme du CFEETK, lancé à l’initiative de Jean-Claude Goyon, a donné trois grands travaux : le « jardin botanique » par Nathalie Beaux, l’architecture par Jean-François Carlotti et le relevé épigraphique de la Héret-ib par Jean-François Pécoil. Un programme de conservation et de restauration s’est déroulé entre 2013 et 2016, avec le soutien du CFEETK et d’un partenaire bancaire. Des orthophotographies à haute résolution ont servi de base aux fac-similés des parois. Les travaux ont ensuite basculé vers la préparation des publications, et les textes sont intégrés à la base de données du Projet Karnak.

Pourquoi ce lieu compte

L’Akh-menou montre que Karnak s’est formé par strates, à travers des monuments commandés à des époques différentes. Le culte des dieux, la mémoire des rois et la représentation du monde s’y rencontrent. Plusieurs questions restent ouvertes : l’usage exact de certaines chambres, la succession des décors et l’attribution de fragments déplacés. Les relevés publiés demeurent la base pour localiser chaque scène avec exactitude.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : L’Akh-menou de Thoutmosis III, Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak, CNRS ; Thèbes antique et sa nécropole, UNESCO.