Identification et localisation
Gebel el-Silsila est un défilé du Nil, entre Edfou et Kôm Ombo, où des carrières de grès occupent les deux rives. Le site n'est pas un sanctuaire unique : il associe fronts de taille, inscriptions de travailleurs, chapelles rupestres, stèles, graffiti et nécropoles. Le grès y fut extrait depuis le Moyen Empire jusqu'à l'époque contemporaine, tandis que les monuments cultuels les plus visibles appartiennent surtout au Nouvel Empire. Cette longue durée impose de dater séparément chaque carrière et chaque espace sculpté.
Présentation générale
Plus d'une centaine de carrières ont fourni des blocs destinés à des constructions égyptiennes. Les traces d'outils et les inscriptions conservées dans la roche rendent visible le travail d'extraction, souvent absent des temples bâtis avec ces pierres. Sur la rive ouest se trouve le spéos d'Horemheb, temple taillé dans la falaise, ainsi qu'une série de chapelles rupestres de hauts fonctionnaires et des monuments royaux ultérieurs. Sur la rive est, une nécropole du Nouvel Empire étudiée depuis 2015 montre qu'une communauté vivait probablement dans le secteur, au-delà d'un simple camp de tailleurs de pierre.
Monuments et vestiges
Le ministère égyptien signale deux temples d'époque d'Horemheb sur la rive ouest, dont un seul est conservé : le spéos dédié à sept divinités, représentées dans le sanctuaire. Plus au sud, trente-deux chapelles furent creusées pour des dignitaires du Nouvel Empire, majoritairement proches de l'époque d'Hatchepsout et de Thoutmosis III. Des structures rupestres associées à Séthi Ier, Ramsès II et Mérenptah, puis une grande stèle de Ramsès III, montrent la continuité des marques royales. Les sanctuaires font place à des dieux liés au Nil et à la région, dont Hâpy, Khnoum et Sobek, sans exclure les grands cultes thébains.
Chronologie et phases de construction
L'extraction de grès commence au moins au Moyen Empire et se poursuit bien après la période pharaonique. Les chapelles de dignitaires de la XVIIIe dynastie précèdent le spéos d'Horemheb ; les monuments de souverains ramessides s'ajoutent ensuite. Les graffiti couvrent eux aussi une longue période, de la préhistoire à des temps postérieurs à l'époque romaine. Sur la rive est, la mission égypto-suédoise engagée en 2015 a révélé soixante-dix-huit tombes du Nouvel Empire. Il serait trompeur de représenter tous ces vestiges dans un paysage daté d'un seul règne ou de déduire la date d'une carrière de celle d'une chapelle voisine.
Histoire et fonctions
Gebel el-Silsila réunissait une activité économique et des pratiques religieuses. Les blocs extraits nourrissaient les chantiers de temples ; les inscriptions rappelaient les personnes ou les groupes associés à ce travail. Les chapelles et le spéos donnaient une place aux souverains, aux dignitaires et aux divinités dans un passage étroit du fleuve. La nécropole de la rive est fournit un autre regard : hommes, femmes et enfants y furent enterrés avec des objets modestes. Cette composition démographique suggère un habitat plus durable que le seul logement temporaire d'une équipe de carrière, tout en laissant son organisation précise à établir.
Fouilles et histoire de la recherche
Les parois des carrières ont été décrites et copiées pour leurs textes, mais l'étude archéologique du site ne se limite plus aux inscriptions monumentales. Depuis 2015, une mission du Conseil suprême des antiquités et de l'université de Lund a étudié les tombes de la rive est. Les chambres funéraires simples, sans décor, contenaient notamment des récipients, des perles, des scarabées, des bracelets et des restes animaux. Ces objets complètent l'histoire des personnes qui vivaient près des carrières. La comparaison entre rive ouest monumentale et rive est funéraire évite de réduire Gebel el-Silsila à une suite de façades royales.
État de conservation et questions de recherche
Les surfaces taillées gardent des traces précieuses, mais l'érosion peut effacer inscriptions et marques d'outils. Dans la nécropole orientale, le ministère souligne les dommages dus à l'érosion et à la montée de la nappe phréatique. Les tombes ont aussi été recouvertes par le sable. Les questions portent sur la durée d'occupation de l'habitat, les relations entre les défunts et les carrières, et la chronologie de chaque secteur d'extraction. Un plan d'ensemble doit distinguer les deux rives et les époques, sans juxtaposer tous les monuments comme s'ils étaient contemporains.
Sources principales
Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, « Gebel al-Silsila » et « New Kingdom Cemetery in Gebel Al-Silsila », consultés le 28 septembre 2026 : https://egymonuments.gov.eg/archaeological-sites/gebel-el-silsila/ ; https://egymonuments.gov.eg/monuments/new-kingdom-cemetery-in-gebel-al-silsila/.
