Kôm Ombo, double temple de Sobek et Haroëris

Photographie du site Kôm Ombo, double temple de Sobek et Haroëris
Photographie © C.Rossignol.

En quelques mots

Le temple de Kôm Ombo s’élève au bord du Nil, dans la région d’Assouan. Son nom associe l’arabe kôm, « butte », à Ombo, issu de l’égyptien Noubt, « la dorée ». Il est consacré à deux dieux : Sobek, le dieu crocodile, et Haroëris, Horus l’Ancien, dieu faucon de la royauté. Le monument visible est d’époque gréco-romaine : Ptolémée VI Philométor est le premier souverain dont le nom y soit attesté, Ptolémée XII fit réaliser l’essentiel du décor, et les ajouts se poursuivirent sous les Romains. La ville contrôlait alors les routes commerciales vers la Nubie.

Ce que l’on découvre

L’arrivée se fait sur un monument amputé de son entrée. Du pylône, élevé au Ier siècle apr. J.-C., et de la cour qui le suivait, il ne reste que des fondations et des fûts de colonnes du règne de Tibère ; ces fragments du péristyle ont conservé des reliefs aux couleurs d’origine. Devant l’emplacement du pylône, vers le fleuve, le mammisi du IIe siècle av. J.-C. est réduit à la base de ses murs.

Au-delà, le plan rappelle celui d’Edfou, avec une particularité : deux axes parallèles traversent les salles à colonnes et aboutissent à deux sanctuaires, celui de Sobek au sud, celui d’Haroëris au nord. Il ne s’agit pas pour autant de deux temples accolés. Les salles qui précèdent les sanctuaires, salle des apparitions, salle médiane, salle des offrandes et salle de l’Ennéade, sont communes aux deux dieux, tout comme certaines annexes, la ouabet ou la salle du trésor. Dans la salle des offrandes, Sobek et Haroëris reçoivent côte à côte l’hommage du roi, et dans chaque sanctuaire l’occupant accueille son partenaire, bien présent dans le décor.

Ce qu’il faut regarder

À l’arrière des sanctuaires, plusieurs salles aménagées sous Ptolémée VIII sont restées inachevées. Leur décor permet de suivre, d’une paroi à l’autre, les étapes successives du travail des sculpteurs, ce que les salles achevées ne laissent plus voir.

Sur les murs, d’autres scènes retiennent l’attention : des calendriers de fêtes qui énumèrent les rites de l’année et un relief d’époque romaine, daté du IIe siècle apr. J.-C., montrant une série d’instruments souvent interprétés comme chirurgicaux. Cette lecture, séduisante, reste discutée et ne permet pas de conclure à l’existence d’un hôpital dans le temple.

Son histoire

Le lieu de culte est bien plus ancien que le temple. La plus ancienne inscription qui mentionne le site remonte à la Première Période intermédiaire, et des fragments architecturaux portent les cartouches d’Amenhotep Ier et de Thoutmosis III : un sanctuaire existait déjà au Nouvel Empire.

Le temple fut déblayé en 1895. Jacques de Morgan, avec Urbain Bouriant, Georges Legrain, Gustave Jéquier et Alexandre Barsanti, en publia la documentation entre 1894 et 1909, une édition qui comporte des erreurs et des lacunes. De 1953 à 1961, l’égyptologue A. Gutbub y mena cinq campagnes pour rassembler les inscriptions, avant d’en entreprendre le relevé systématique ; le premier volume de la nouvelle publication, Kom Ombo I, parut en 1995 à l’Institut français d’archéologie orientale. Depuis 2010, une équipe réunie par le Conseil suprême des antiquités autour de Shafia Bedier et Françoise Labrique poursuit ce travail, en collaboration avec l’IFAO depuis 2012. Une grande partie du décor reste donc à publier et à traduire.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Kôm Ombo, Institut français d’archéologie orientale ; Temples pharaoniques de Haute-Égypte des périodes ptolémaïque et romaine, liste indicative, UNESCO ; Kom Ombo Temple, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités.