
En quelques mots
Edfou se trouve sur la rive occidentale du Nil, à mi-chemin entre Louxor et Assouan. Capitale du IIe nome de Haute-Égypte, la ville fut appelée Apollonopolis Magna à l’époque romaine, Horus étant assimilé à Apollon. Son temple d’Horus passe pour le monument le mieux conservé de la vallée du Nil. Il est aussi l’un des mieux datés : la première pierre fut posée le 23 août 237 av. J.-C., sous Ptolémée III, et l’édifice fut achevé en 57 av. J.-C., sous Ptolémée XII. Entre ces deux dates, près de deux siècles de chantier.
Ce que l’on découvre
Deux grands faucons de granit, images d’Horus, se dressent devant le pylône, dont les faces montrent Ptolémée XII terrassant ses ennemis. Derrière s’ouvre une vaste cour bordée de colonnes à chapiteaux floraux, puis une grande salle hypostyle, une seconde salle plus petite, à douze colonnes sur trois rangs, deux vestibules et enfin le sanctuaire. Un couloir qui l’entoure dessert dix salles rituelles. L’ensemble mesure 137 mètres de long sur 47 de large. À l’extérieur, devant le pylône, subsiste un mammisi très endommagé.
Le temple n’est pas perpendiculaire au fleuve, contrairement à la plupart des sanctuaires de la vallée ; la voie processionnelle qui le reliait au Nil ne prolongeait donc pas son axe. Juste à l’ouest s’élève une butte, le tell, qui recouvre plus de trois mille ans d’histoire urbaine : un bâtiment administratif de la fin de la Ve dynastie, sous Djedkarê Isési, une résidence de gouverneur du Moyen Empire et une vaste cour de silos de la Deuxième Période intermédiaire y ont été fouillés depuis 2001.
Ce qu’il faut regarder
Au fond du sanctuaire se dresse un naos monolithe de granit sombre, haut d’environ quatre mètres. Il porte le cartouche de Nectanébo II, de la XXXe dynastie : il appartenait donc au temple antérieur et fut conservé au cœur du nouvel édifice.
Les murs, eux, se lisent comme un calendrier. Les inscriptions donnent le jour, le mois et l’année des principales étapes du chantier, et un long texte, sur l’un des murs extérieurs, décrit la fondation du temple et son plan. On y apprend que le naos fut consacré le 10 septembre 142 av. J.-C., en présence de Ptolémée VIII et de son épouse, puis que le pronaos fut commencé en 140 av. J.-C. Les fêtes y sont aussi mises en images : la victoire d’Horus sur Seth dans le couloir est, le couronnement d’Horus au nord du couloir extérieur, et la « Bonne Réunion » au revers du pylône, quand Hathor venait de Dendérah rejoindre son époux au moment de la crue.
Son histoire
À Edfou, Horus était vénéré sous la forme du disque solaire et du faucon, dieu guerrier défendant le soleil contre ses ennemis. Fils d’Osiris, il était aussi le modèle du roi ; en bâtissant ici un temple de plus de 6 400 m², les souverains ptolémaïques s’inscrivaient dans la tradition pharaonique.
Au moment de l’Expédition d’Égypte, le temple était ensablé jusqu’aux architraves et enfoui sous des débris d’habitat. Auguste Mariette le fit dégager vers 1860. Sa bonne conservation ne signifie pas pour autant un état antique intact : le mammisi est ruiné, et la ville qui entourait le sanctuaire ne se lit plus qu’à travers les fouilles du tell. Les textes du temple restent une source de premier ordre pour les liturgies quotidiennes et le calendrier religieux de l’Égypte tardive.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Temples pharaoniques de Haute-Égypte des périodes ptolémaïque et romaine, liste indicative, UNESCO ; Temple of Edfu, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; The Tell Edfu Project, American Research Center in Egypt.