
Le temple de Louxor s’est développé au cœur de l’ancienne Thèbes. Sa partie majeure, liée à Amenhotep III, et les ajouts de Ramsès II sont présentés dans deux fiches distinctes. Les cérémonies qui reliaient Louxor à Karnak expliquent son importance sans faire des deux sanctuaires un seul monument.
En quelques mots
Les anciens Égyptiens appelaient le temple Ipet-resyt, « le sanctuaire du Sud ». Il était consacré à Amon sous la forme d’Amenemopé et accueillait la fête d’Opet : les statues de culte d’Amon, de son épouse Mout et de leur fils, le dieu lunaire Khonsou, y étaient portées en procession depuis Karnak. Pour l’UNESCO, qui l’a inscrit au patrimoine mondial avec Thèbes en 1979, c’est un chef-d’œuvre d’architecture du XIVe siècle av. J.-C.
Ce que l’on découvre
Le temple visible est le résultat de contributions successives. Hatchepsout y fit élever le plus ancien sanctuaire conservé. Amenhotep III bâtit le cœur du temple et la grande colonnade, formée de deux rangées de sept colonnes colossales. Toutânkhamon et Horemheb achevèrent les décors. Ramsès II ajouta enfin une cour à péristyle et un pylône monumental.
Une allée bordée de sphinx reliait le temple de Louxor à celui de Karnak. Les processions de la fête d’Opet la parcouraient : cette relation rituelle est essentielle à la lecture de la ville, mais elle ne rend pas identiques les plans ou les histoires des deux sites.
Ce qu’il faut regarder
Devant le pylône de Ramsès II se dressaient deux obélisques de 25 m. L’un est toujours en place ; l’autre orne la place de la Concorde, à Paris, depuis 1836. La photographie montre le pylône un soir de lune, avec le minaret de la mosquée d’Abou el-Haggag qui s’élève au-dessus du temple : un même lieu porte ainsi plus de trois millénaires d’histoire religieuse.
Son histoire
Le temple ne s’est pas figé après les pharaons. À la fin du IIIe siècle apr. J.-C., les Romains bâtirent un fort autour de lui et y ajoutèrent des reliefs d’art gréco-romain. Entre le sanctuaire d’Hatchepsout (vers 1473–1458 av. J.-C.) et le pylône de Ramsès II (vers 1279–1213 av. J.-C.), plus de deux siècles de chantiers se sont succédé, et chaque règne a laissé sa marque dans les inscriptions. Cours, colonnes, reliefs et ajouts ultérieurs témoignent ainsi de fonctions et d’usages très différents, du culte d’Amon à la vie quotidienne de Louxor.
Pour parcourir les fiches
La fiche consacrée à la construction d’Amenhotep III décrit le grand programme du XIVe siècle av. J.-C. La fiche du pylône et de la cour de Ramsès II présente les ajouts ramessides. Pour suivre la voie processionnelle de la fête d’Opet jusqu’à son point de départ, passer ensuite à la fiche de Karnak, puis à celle du domaine d’Amon-Rê.
Sources
Ministère égyptien, Luxor Temple : https://egymonuments.gov.eg/monuments/luxor-temple
UNESCO, Thèbes antique et sa nécropole : https://whc.unesco.org/en/list/87