En quelques mots
Près de Nagada, en Haute-Égypte, plusieurs nécropoles ont livré des milliers de tombes creusées avant l’apparition des premiers pharaons. Elles ont donné leur nom à la période de Nagada, qui couvre approximativement le IVe millénaire avant notre ère. Ces sépultures racontent l’évolution des pratiques funéraires et des sociétés de la vallée du Nil. Leur intérêt tient surtout aux objets, aux plans et aux archives de fouille : une grande partie des terrains explorés n’est plus visible aujourd’hui.
Ce que l’on découvre
Les tombes les plus simples étaient des fosses ovales aménagées dans le sol. D’autres, plus tardives, étaient plus vastes et parfois de forme rectangulaire. Les poteries déposées auprès des morts varient par leur forme et leur décor ; on a aussi retrouvé des objets en pierre et d’autres matériaux. La nécropole dite T rassemble des sépultures généralement plus grandes et mieux pourvues que celles d’autres secteurs. Pour comprendre le site aujourd’hui, il faut surtout regarder les objets conservés dans les musées, les dessins de tombes et les cartes des fouilles. Ils permettent de comparer les sépultures, sans supposer que chacune représentait toute la société de son époque.
Son histoire
Les nécropoles ont été utilisées pendant plusieurs phases de la préhistoire égyptienne, vers 4000–3000 avant notre ère. En 1894–1895, l’archéologue britannique Flinders Petrie y mena une vaste fouille, tandis que James Quibell travaillait notamment à Ballas, plus au nord. Petrie reconnut l’originalité des tombes, mais se trompa d’abord sur leur âge et les attribua à un peuple étranger plus tardif. Les recherches suivantes établirent qu’elles étaient antérieures à la première dynastie. Petrie utilisa ensuite l’évolution des poteries pour construire une chronologie relative, affinée depuis par d’autres chercheurs. Les carnets de fouille sont encore étudiés pour retrouver la position et le contenu des tombes.
Pourquoi ce lieu compte
Nagada montre comment l’archéologie peut éclairer une période sans textes abondants. Les différences entre les tombes suggèrent des changements dans les usages funéraires et dans la répartition des ressources, sans permettre de connaître exactement le rang de chaque défunt. Les objets retrouvés à Nagada ont aussi aidé à dater d’autres sites prédynastiques. Une carte récente, établie à partir des archives de Petrie, corrige certaines erreurs de l’ancien plan. Le site rappelle ainsi que les premières fouilles ont ouvert une histoire, mais que leurs notes et leurs collections continuent de la transformer.
