Louxor, pylône et cour de Ramsès II

Photographie du site Louxor, pylône et cour de Ramsès II
Photographie © C.Rossignol.

En quelques mots

Le temple de Louxor, que les Égyptiens appelaient Ipet-resyt, le « sanctuaire du Sud », s’élève à environ 3 km au sud de Karnak. Ramsès II y ajouta un grand pylône, une cour, des colosses et des obélisques devant le noyau construit par Amenhotep III. Ces ajouts forment la façade la plus connue du monument, mais non son origine : le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités rappelle que l’édifice est l’œuvre de plusieurs rois.

Ce que l’on découvre

Contrairement à la plupart des temples égyptiens, qui suivent un axe est-ouest, Louxor est orienté vers Karnak, parce qu’il fut le cadre principal de la fête d’Opet. La partie la plus ancienne remonte au règne d’Hatchepsout (vers 1473–1458 av. J.-C.) ; Amenhotep III (vers 1390–1352 av. J.-C.) bâtit l’essentiel du cœur du temple, avec la grande colonnade et les scènes de la naissance divine. Toutânkhamon, Horemheb et Ramsès II comptent parmi les souverains qui y ajoutèrent des éléments. C’est à Ramsès II que l’on doit le grand pylône, une porte à deux tours, ainsi que des statues colossales et des obélisques.

Son histoire

L’édifice n’est pas un monument d’un seul règne, et la cour de Ramsès II se comprend comme un ajout tardif devant une construction plus ancienne. Elle précède le noyau d’Amenhotep III et donne au temple son entrée monumentale, Ramsès II régnant vers 1279–1213 av. J.-C. À la fin du IIIe siècle apr. J.-C., les Romains bâtirent un fort autour du temple et transformèrent une salle intérieure en sanctuaire, y introduisant des éléments artistiques gréco-romains. L’UNESCO, qui classe Louxor dans le bien « Thèbes antique et sa nécropole » depuis 1979, y voit un des chefs-d’œuvre les plus épurés de l’architecture égyptienne.

Ce qu’il faut regarder

Le détail le plus parlant tient aux obélisques. Ramsès II en dressa deux devant le pylône, haut chacun d’environ 25 m. L’un se dresse encore sur place ; l’autre se trouve à Paris depuis 1836. Devant le pylône, cette absence de pendant rappelle que la façade ramesside n’est plus dans son état d’origine, et que l’histoire du monument se poursuit hors d’Égypte.

Pourquoi ce lieu compte

Louxor permet de lire, sur un seul site, plus de quinze siècles d’usage religieux : les fondations de la XVIIIe dynastie, l’agrandissement ramesside, la présence romaine. Il montre surtout le lien entre deux sanctuaires, Karnak et Louxor, reliés par la fête d’Opet. Une part des questions demeure ouverte, notamment la répartition exacte des chantiers entre rois successifs et l’état d’origine de la cour avant les transformations ultérieures ; ces points relèvent de l’étude détaillée des reliefs et des inscriptions.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Luxor Temple, ministère du Tourisme et des Antiquités d’Égypte ; Thèbes antique et sa nécropole, UNESCO, Centre du patrimoine mondial.