Temple de Louxor, construction d’Amenhotep III

Illustration du site Temple de Louxor, construction d’Amenhotep III
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Le temple de Louxor se dresse à environ trois kilomètres au sud de Karnak, dans l’ancienne Thèbes. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités attribue à Amenhotep III (vers 1390–1352 av. J.-C.) le cœur du monument. Le temple est orienté vers Karnak plutôt que selon l’axe est-ouest habituel, parce qu’il recevait la procession de la fête d’Opet. Le visiteur qui entre par le pylône ne voit cependant pas un monument d’un seul règne : cette page s’attache surtout au projet d’Amenhotep III, sans lui attribuer toutes les cours et façades d’aujourd’hui.

Ce que l’on découvre

Le programme d’Amenhotep III comprend des salles intérieures, une cour entourée de colonnes et, en avant, la Grande Colonnade, formée de deux rangées de sept colonnes colossales. Un sanctuaire intérieur porte les scènes de la naissance divine, où le dieu Amon-Rê apparaît comme père du roi. Plus au nord, devant ce noyau, Ramsès II (vers 1279–1213 av. J.-C.) fit ajouter une cour à péristyle, un pylône monumental et deux obélisques de 25 mètres. L’un d’eux se dresse encore à Louxor, l’autre se trouve à Paris depuis 1836.

Ce qu’il faut regarder

Les colonnes de la Grande Colonnade, par leurs proportions, donnent la mesure du projet d’Amenhotep III : deux files de sept fûts colossaux ouvrent le passage vers l’intérieur sacré. Il faut ensuite chercher, dans la partie la plus intérieure, le décor romain. À la fin du IIIe siècle apr. J.-C., le temple est transformé en installation militaire. Le sanctuaire est alors orné dans le style gréco-romain d’une représentation de l’empereur Dioclétien (284–305 apr. J.-C.) et de ses trois corégents. Ce décor peint recouvre des surfaces plus anciennes : sur une même paroi, deux états du monument se superposent.

L’axe du temple mérite aussi un regard. Il n’obéit pas à une orientation est-ouest, mais à la liaison avec Karnak, que suivait le cortège des images divines.

Son histoire

Amenhotep III bâtit le noyau du temple et la colonnade. Ramsès II transforma ensuite l’approche du monument par sa cour, son pylône et ses obélisques. À la fin du IIIe siècle apr. J.-C., un camp romain s’installa autour du sanctuaire, ce qui modifia les accès et les usages. La phase de chaque ajout ne se devine donc pas de l’extérieur : le bâtiment accumule les états successifs, et il faut le lire du noyau vers l’entrée pour ne pas inverser sa chronologie.

Pourquoi ce lieu compte

Le temple de Louxor montre les liens entre architecture et cérémonie. Sa position, son orientation et sa colonnade accompagnaient un parcours venu de Karnak, lors d’une fête où des statues divines étaient transportées en procession. Les scènes de naissance divine indiquent aussi comment le roi présentait sa légitimité. Il fait partie de Thèbes antique et sa nécropole, inscrite au patrimoine mondial. Observer les ajouts ultérieurs protège d’une erreur courante, celle de confondre le programme d’Amenhotep III avec toute l’histoire du lieu.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Luxor Temple, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Thèbes antique et sa nécropole, UNESCO.