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Deir el-Bahari, temple funéraire d’Hatchepsout : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Deir el-Bahari, temple funéraire d’Hatchepsout
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le temple d'Hatchepsout, appelé Djéser-Djéserou, s'élève à Deir el-Bahari, sur la rive occidentale de Thèbes, face au secteur de Karnak de l'autre côté du Nil. Il date du règne d'Hatchepsout, au milieu de la XVIIIe dynastie. Le ministère égyptien attribue sa conception à Sénènmout, haut responsable du culte d'Amon. Il s'agit d'un temple funéraire royal, mais cette désignation ne doit pas masquer la place donnée à plusieurs dieux, au père de la souveraine et aux cérémonies d'Amon.

Présentation générale

L'édifice déploie trois niveaux de terrasses reliés par des rampes, au pied de la falaise. Chaque niveau est rythmé par des portiques ; la cour supérieure conduit vers les espaces cultuels creusés ou aménagés contre la roche. Cette composition associe le paysage à une architecture de procession, sans se réduire à une façade monumentale. Les vues actuelles montrent aussi des parties relevées et restaurées au cours des recherches modernes. Pour lire le monument, il faut donc distinguer les maçonneries antiques, les blocs replacés et les lacunes toujours ouvertes.

Monuments et vestiges

Sur la terrasse supérieure, les figures osiriaques d'Hatchepsout bordent le portique et la cour. L'axe central mène au sanctuaire d'Amon taillé dans la roche. D'autres espaces sont liés au culte d'Hathor, d'Anubis, de Rê-Horakhty et de Thoutmosis Ier. Les reliefs du portique médian racontent notamment l'expédition au pays de Pount et présentent les arguments de légitimité de la souveraine, y compris sa filiation divine avec Amon. Ces images sont des textes politiques et rituels autant que des scènes descriptives ; elles ne fournissent pas à elles seules un relevé neutre du voyage. Les fragments conservés hors de leur place initiale demandent un travail d'attribution avant toute restitution du programme décoratif.

Chronologie et phases de construction

Le temple appartient au règne d'Hatchepsout, mais ses espaces et ses décors ont été exécutés par étapes. Les cultes de la souveraine, de son père et des dieux associés donnent plusieurs fonctions au même ensemble. Après le Nouvel Empire, certains secteurs furent transformés ou réutilisés ; les recherches dans le complexe d'Hathor documentent une histoire du lieu plus longue que le chantier de la reine. Les travaux actuels étudient aussi les traces de construction et les décors secondaires. Une terrasse ou une chapelle visible aujourd'hui n'est donc pas nécessairement l'image intacte d'un seul moment du XVe siècle avant notre ère.

Histoire et fonctions

Djéser-Djéserou assurait le culte funéraire d'Hatchepsout et participait aux pratiques religieuses de la rive ouest thébaine. Les scènes de Pount mettent en scène les ressources et les relations lointaines mobilisées par le pouvoir ; les représentations de la naissance divine et de la désignation de la souveraine fondent sa légitimité dans le langage du temple. La place centrale d'Amon relie ce monument au grand sanctuaire de Karnak, sans que les deux édifices remplissent la même fonction. Les chapelles et cours accueillaient des rites différents : l'ensemble ne doit pas être décrit comme un simple mausolée de pierre.

Fouilles et histoire de la recherche

Les recherches du Metropolitan Museum au début du XXe siècle ont contribué à documenter les terrasses inférieures et les fragments sculptés. La mission archéologique et de conservation polono-égyptienne travaille depuis plusieurs décennies sur le monument. Ses programmes associent relevé des blocs, étude épigraphique, fouille et consolidation. Les travaux sur la terrasse supérieure, le complexe solaire, le sanctuaire d'Amon et le complexe d'Hathor ont permis de replacer certains fragments et de revoir des interprétations anciennes. Le projet de fouille de la cour inférieure, engagé en 2011, examine la stratigraphie plutôt que de supposer que les parcours visibles restituent seuls l'aménagement antique.

État de conservation et questions de recherche

L'érosion du calcaire, la perte des peintures et les déplacements de blocs ont changé la lecture du temple. Les restitutions architecturales facilitent la visite, mais doivent rester distinguées des parties conservées in situ. La mission polono-égyptienne a publié des interventions de nettoyage, de consolidation et de remise en place de fragments dans plusieurs chapelles. Les débats portent notamment sur l'ordre des travaux, la position initiale de scènes fragmentaires et les usages ultérieurs de chaque espace. La façade célèbre est une entrée dans l'histoire du monument ; les surfaces, les archives de fouille et les pièces moins visibles sont nécessaires pour en comprendre la construction et les transformations.

Sources principales

Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, « Hatshepsut Temple » ; Polish Centre of Mediterranean Archaeology, rapports de la mission de Deir el-Bahari et projet de fouille de la cour inférieure ; Metropolitan Museum of Art, Dieter Arnold, « Model of the Temple of Hatshepsut at Deir el-Bahri » (2023). Consultés le 28 septembre 2026 : https://egymonuments.gov.eg/monuments/hatshepsut-temple/ ; https://templeofhatshepsut.pcma.uw.edu.pl/en/project/excavation-project-of-the-lower-courtyard-in-the-temple-of-hatshepsut-at-deir-el-bahari/ ; https://pcma.uw.edu.pl/en/research/season-by-season/deir-el-bahari-temple-of-hatshepsut-egypt-2016/ ; https://www.metmuseum.org/zh/essays/2012-139-hatshepsut-model.

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