Oxyrhynque / El-Bahnasa, ville et nécropoles

Illustration du site Oxyrhynque / El-Bahnasa, ville et nécropoles
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Oxyrhynque, aujourd’hui El-Bahnasa, se trouve dans le gouvernorat de Minya, en Moyenne-Égypte. Son nom égyptien, Per-Medjed, est attesté par le British Museum ; son nom grec renvoie à un poisson du Nil. Le site est surtout connu pour un ensemble exceptionnel de papyrus, mais il ne se réduit pas à ses archives : la ville a aussi laissé des nécropoles, des objets de la vie quotidienne et des traces d’une occupation qui se prolonge jusqu’à l’époque islamique.

Ce que l’on découvre

Le visiteur ne trouve pas ici un grand temple dressé dans le paysage. Le site se présente comme un ensemble de buttes, de cimetières et de zones d’habitat en partie recouvertes par la ville moderne. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités décrit à El-Bahnasa d’anciens cimetières et des collines funéraires, ainsi que des sanctuaires consacrés à des figures de l’islam. Trois coupoles y sont signalées : celles des Sept Jeunes Filles, d’Ubada ibn al-Samit et de Muhammad ibn Abi Dhar al-Ghafari. Le lieu superpose donc plusieurs mémoires, pharaonique, gréco-romaine et musulmane, sans que l’une efface les autres.

Ce qu’il faut regarder

Le détail le plus parlant se trouve dans les tombes récemment fouillées. Une mission égypto-espagnole, dirigée par Esther Pons, de l’université de Barcelone, a dégagé une tombe de la XXVIe dynastie composée d’une seule chambre en calcaire poli, accessible par le nord. Son plafond est droit, alors que les tombes voisines présentent d’ordinaire une voûte, et elle ne contenait aucun mobilier funéraire. Huit tombes d’époque romaine, à plafond voûté et sans décor, ont été trouvées dans la même fouille ; des inscriptions, des monnaies de bronze, de petites croix et des sceaux d’argile y figuraient. Ces objets modestes, croix et sceaux, disent davantage des pratiques funéraires tardives qu’un décor spectaculaire.

Son histoire

Les papyrus d’Oxyrhynque furent recueillis entre 1896 et 1907 par les philologues oxfordiens Bernard Grenfell et Arthur Hunt, pour le compte de l’Egypt Exploration Fund, devenu l’Egypt Exploration Society. Ils sont aujourd’hui conservés à Oxford, dans ce que le projet universitaire présente comme le plus grand ensemble de ce type au monde. Les textes sont écrits surtout en grec, du IIe siècle av. J.-C. au VIIe siècle apr. J.-C., mais aussi en latin, en démotique, en copte et en arabe. La diversité des langues suit celle des populations et des régimes qui se sont succédé.

Le British Museum conserve près de quatre cents objets issus d’Oxyrhynque, monnaies, textiles, céramiques et fragments architecturaux, qui couvrent une période allant de l’époque hellénistique au monde mamelouk. Cette continuité rappelle que la ville n’a pas disparu avec l’Antiquité. Elle tenait, selon le ministère, une position commerciale stratégique sur la route de l’oasis de Bahariya ; sa garnison aurait opposé une forte résistance à l’armée musulmane lors de la conquête, ce qui explique le culte rendu ensuite à ses martyrs.

Plusieurs limites méritent d’être gardées en tête. Un papyrus retrouvé dans un dépotoir ne localise pas le bâtiment où il fut écrit. Les textes reflètent en outre ce qui fut écrit, jeté et conservé par le climat sec, non l’ensemble de la population. Enfin, la ville antique est en grande partie inaccessible sous les constructions actuelles, si bien que le plan d’ensemble reste mal connu.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Oxyrhynchus Papyri Project, Université d’Oxford ; Discovering a unique tomb dates back to the Saite Period in al-Bahnasa, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Oxyrhynchus, British Museum.