
En quelques mots
Béni Hassan se trouve dans le gouvernorat d’Al-Minya, en Moyenne-Égypte, dans l’une des régions les plus fertiles du pays. Les tombes y sont taillées dans la falaise calcaire qui domine la vallée du Nil. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités distingue deux ensembles : un cimetière inférieur d’environ 800 tombes, dont beaucoup sont des tombes à puits, et un cimetière supérieur de 39 tombes rupestres. Le site relève de la province dite du nome de l’Oryx, le seizième nome de Haute-Égypte, et ne se rattache pas à une seule génération de gouverneurs.
Ce que l’on découvre
Les grandes tombes rupestres de la partie haute sont celles de responsables provinciaux du Moyen Empire, principalement des XIe et XIIe dynasties (vers 2055–1795 av. J.-C. selon la chronologie du ministère). Les noms de Baqet, Khéty et Khnoumhotep reviennent au fil des générations, ce qui suggère des liens de filiation entre certains propriétaires. Douze tombes conservent des scènes peintes : agriculture, artisanat, chasse, jeux, guerre et arrivée d’étrangers en Égypte. La partie basse est plus ancienne pour une part : elle comprend des tombes de la fin de l’Ancien Empire et de la Première Période intermédiaire, dont celle d’Ipi, citée par le ministère.
Ce qu’il faut regarder
La tombe de Khnoumhotep II offre plusieurs points d’observation. Le défunt, « Directeur du désert oriental » sous Sésostris II (vers 1911–1870 av. J.-C.), fit aménager une entrée à portique de deux colonnes cannelées de type proto-dorique, précédée d’une cour. Dans la chapelle, deux puits funéraires sont signalés ; quatre colonnes, en deux rangées de deux, structuraient probablement l’espace intérieur. Sur les parois basses court une biographie de 222 colonnes de texte. Des scènes de pêche et de chasse aux oiseaux y figurent aussi, ainsi qu’un détail plus inattendu : sur le mur ouest, trois singes aident des cueilleurs à récolter des figues.
La scène la plus commentée se trouve sur le mur nord : une délégation de 37 visiteurs venus de l’étranger présente du fard pour les yeux à Khnoumhotep. Leur chef, nommé Abisha(i), porte le titre de « souverain de pays étranger » (héqa khasout). Le ministère y voit la plus ancienne attestation de ce titre, dont dérive plus tard le nom grec des Hyksos.
Son histoire
Comme le rappelle UCL Digital Egypt, de grandes tombes de notables provinciaux, maires ou gouverneurs de district, apparaissent dès la Ire dynastie, et les tombes rupestres deviennent courantes à la fin de la IVe. Béni Hassan est l’un des huit grands cimetières de ce type au Moyen Empire, avec Éléphantine, Qau el-Kébir, Meir, Deir el-Bersheh ou Assiout. La production de ces grandes tombes cesse à la fin de la XIIe dynastie.
Il faut cependant lire les images avec prudence. La scène des visiteurs asiatiques représente une délégation au sein du programme décoratif d’une tombe ; elle ne suffit pas, à elle seule, à retracer un mouvement de population. Les peintures, par ailleurs, conservées dans douze tombes seulement sur trente-neuf, ne doivent pas être généralisées à l’ensemble du site.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, Beni Hasan ; Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, Tombe de Khnoumhotep II ; UCL Digital Egypt, Tombs of Nomarchs and Mayors.