En quelques mots
Sur le Gebel Assiout el-Gharbi, à l'ouest de la ville d'Assiout en Moyenne-Égypte, de grands tombeaux rupestres furent creusés pour des gouverneurs provinciaux. Plusieurs appartiennent à la Première Période intermédiaire, d'autres au Moyen Empire. Leurs inscriptions donnent une voix aux élites locales pendant une époque de conflits entre pouvoirs régionaux, avant la réunification de l'Égypte. Ces textes sont précieux, mais expriment le point de vue des propriétaires des tombes.
Ce que l’on découvre
Le projet d’Assiout propose pour les tombes V, III et IV cet ordre chronologique, avec respectivement Khéty Ier, Iti-ibi et Khéty II ; ces trois monuments documentent particulièrement la fin de la Première Période intermédiaire. L'une des inscriptions de la tombe III donne une version hostile à Thèbes des affrontements autour d'Assiout. Les fouilles ont aussi modifié la compréhension du plan de cette tombe : une seconde rangée de piliers, deux pièces supplémentaires et un quatrième puits funéraire ont été reconnus. Un ancien plan, longtemps cité, ne rendait donc pas compte de tout le monument.
Son histoire
Dans la tombe III, l'équipe a observé qu'une inscription autobiographique fut recouverte de plâtre avant son achèvement, puis peinte d'un décor politiquement plus neutre. Cette superposition est une preuve matérielle de changement de programme, mais les raisons précises de la décision restent à interpréter. Le projet d'Assiout a relevé de nombreux autres monuments de la montagne, qui fut utilisée et remémorée pendant des siècles. La nécropole n'est pas un témoignage d'une seule guerre ni d'une unique génération.
Pourquoi ce lieu compte
Assiout montre comment archéologie, architecture et inscriptions se corrigent mutuellement. Les récits de victoires ne sont pas des chroniques impartiales ; les révisions de plan rappellent qu'une tombe peut encore livrer de nouvelles données.
