
Localisation et toponymie
Oxyrhynque, aujourd’hui El-Bahnasa, est un site archéologique du gouvernorat de Minya, en Moyenne-Égypte. Le British Museum donne pour nom hiéroglyphique Per-Medjed. Le nom grec, Oxyrhynchos, renvoie à un poisson du Nil. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités souligne que la localité occupait une position commerciale stratégique, sur la route menant à l’oasis de Bahariya.
Les papyrus d’Oxyrhynque
De 1896 à 1907, Bernard Grenfell et Arthur Hunt, classicistes d’Oxford, fouillèrent le site pour l’Egypt Exploration Fund, devenu l’Egypt Exploration Society. La collection, aujourd’hui abritée à Oxford, est présentée par le projet universitaire comme la plus importante du monde dans son genre. Elle comprend des textes littéraires, documentaires et d’autres natures, sur papyrus et sur parchemin. Le grec domine, du IIe siècle av. J.-C. au VIIe siècle apr. J.-C., mais le latin, le démotique, le copte et l’arabe y figurent aussi. Cette amplitude, presque dix siècles, permet de suivre une même ville à travers des régimes et des langues différents.
Occupation et mobilier
Les collections du British Museum comptent 399 objets rattachés à Oxyrhynque : monnaies, textiles, céramiques et fragments architecturaux. Ils relèvent de l’époque hellénistique, de l’époque romaine, des phases copte et byzantine, puis de périodes islamiques jusqu’au monde mamelouk. Cette chronologie, qui s’étend approximativement du IVe siècle av. J.-C. au XVe siècle apr. J.-C., montre une occupation continue et des strates superposées, ce qui complique toute restitution d’un état unique de la ville.
Les nécropoles et la mission de Barcelone
Une mission égypto-espagnole, dirigée par Esther Pons (université de Barcelone) avec des collègues du Conseil suprême des Antiquités, a présenté une tombe de la XXVIe dynastie, à chambre unique en calcaire poli, accessible par le nord. Son plafond est droit, alors que les tombes locales connues étaient voûtées, et aucun mobilier funéraire n’y a été trouvé. Mustafa Waziri, secrétaire général du Conseil, l’a jugée sans équivalent à El-Bahnasa. La même fouille a livré huit tombes d’époque romaine, à plafond voûté et sans décor, avec des inscriptions, des monnaies de bronze, de petites croix et des sceaux d’argile. Une tombe vide ne permet pas de conclure sur le statut de son occupant : pillage, réutilisation et absence de dépôt initial sont des hypothèses distinctes que la source ne tranche pas.
Une ville de mémoires successives
Selon le ministère, El-Bahnasa tint une place importante à l’époque islamique, attestée par des monuments conservés et disparus. On y signale d’anciens cimetières, des collines funéraires et des sanctuaires de Compagnons, de successeurs et de savants, dont trois coupoles : les Sept Jeunes Filles, Ubada ibn al-Samit et Muhammad ibn Abi Dhar al-Ghafari. La garnison de la ville aurait résisté avec force à l’armée musulmane lors de la conquête, d’où le statut de lieu de martyrs.
Questions de recherche
Le principal problème tient au décalage entre la richesse des textes et la pauvreté du plan archéologique. Les papyrus provenant en majorité de dépotoirs, leur rattachement à un quartier ou à un édifice reste incertain. Le rapprochement entre textes, tombes et habitat ne peut se faire que par des fouilles stratigraphiques récentes. Les nécropoles, où les contextes fermés sont plus lisibles, offrent à cet égard un terrain plus favorable que la ville, largement recouverte par l’urbanisation moderne.
Sources principales
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Oxyrhynchus Papyri Project, Université d’Oxford ; Discovering a unique tomb dates back to the Saite Period in al-Bahnasa, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Al-Bahnasa Tombs, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Oxyrhynchus, British Museum.