Antinoopolis / Antinoé, ville fondée sous Hadrien

Illustration du site Antinoopolis / Antinoé, ville fondée sous Hadrien
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Antinoopolis, aussi appelée Antinoé, se trouve sur la rive orientale du Nil, en Moyenne-Égypte, au lieu dit Sheikh Ibada. Elle fut fondée après la noyade d’Antinoüs, favori de l’empereur Hadrien, en 130 apr. J.-C. Les auteurs qui ont étudié la route romaine issue de la ville la qualifient de comptoir urbain sur le Nil, « emporium » tourné vers le commerce et les communications. Ce n’est donc pas seulement une fondation commémorative : c’est aussi un point d’ancrage de la politique d’Hadrien dans la vallée.

Ce que l’on découvre

Les sources consultées documentent surtout les abords et la route du site. Les prospections de l’université du Delaware, menées en 1996 et 1997, ont repéré à Antinoopolis le terminus nord-ouest de la Via Hadriana, qui menait jusqu’à la mer Rouge. Le matériel de surface, surtout de la céramique, appartient aux époques romaine et byzantine, ce qui indique une occupation longue et non un simple épisode impérial. Les coordonnées relevées, environ 27° 48′ nord et 30° 52′ est, permettent de localiser précisément le centre urbain.

Ce qu’il faut regarder

Le détail le plus net est une inscription grecque datée de 137 apr. J.-C. Elle décrit la route comme « sûre, plane et pourvue de stations, de postes de garde et de hydreumata », c’est-à-dire de points d’eau fortifiés. Ce texte relie la ville au désert oriental et montre que la fondation d’Hadrien s’accompagna d’équipements concrets : étapes, guet, citernes. Les prospecteurs ont aussi repéré des carrières près de l’ouadi Ibada, ainsi qu’une grande rampe, traces matérielles d’un chantier routier de grande ampleur.

Son histoire

La construction de la route est placée sous le règne d’Hadrien (117–138 apr. J.-C.), en relation avec la fondation d’Antinoopolis. La date de 130 est donnée par les auteurs comme celle de la mort d’Antinoüs. Les céramiques, romaines puis byzantines, prolongent l’histoire de la ville au-delà de son fondateur. Un fragment de textile du musée du Louvre, daté par radiocarbone de 320 à 420 environ, renvoie dans sa bibliographie à l’exposition « Antinoé cent’anni dopo », présentée à Florence en 1998 : cette référence montre que l’on rattache encore les textiles de la région à la mémoire de la ville, sans que cette notice précise leur contexte de fouille.

Il faut donc rester prudent. Les sources consultées ne décrivent pas le plan intérieur de la cité, ni ses édifices publics, ni la localisation d’un éventuel sanctuaire d’Antinoüs. L’érosion, l’extraction de pierre et l’occupation moderne ont effacé une grande partie du tissu urbain. Ce que l’on peut affirmer tient à la fondation, à la route et à la longue durée d’occupation.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Steven E. Sidebotham et Ronald E. Zitterkopf, « Survey of the Via Hadriana by the University of Delaware: The 1996 Season », BIFAO 97, IFAO, 1997 ; Steven E. Sidebotham et Ronald E. Zitterkopf, étude de la Via Hadriana, campagne de 1997, BIFAO 98, IFAO, 1998, p. 353-365 ; Tenture au Jonas, musée du Louvre.