
Identification et localisation
Le kôm de Baouît, en Moyenne-Égypte, couvre environ 40 hectares sur la rive gauche du Nil, à la lisière du désert, près du village de Dashlout ; l’IFAO le situe à 80 km au nord d’Assiout, au sud de l’ancienne Hermopolis. Il abrite les ruines du monastère d’apa Apollô, fondé par ce moine à la fin du IVe siècle. L’identification repose sur les inscriptions relevées au début du XXe siècle, que Jean Clédat et, en même temps que lui, Walter E. Crum rapprochèrent du nom d’Apollô. Le site associe une architecture monumentale, représentée par les églises du centre du kôm, à des structures d’habitat, et livre une riche documentation écrite (ostraca, inscriptions peintes, papyrus) sur la vie des moines. La date de fin d’occupation du monastère n’est pas établie.
Les églises du centre du kôm
L’église nord, complètement dégagée en 2005, mesure 20,10 m sur 12,20 m. Son sanctuaire est divisé par une barrière de bois appuyée contre deux piliers cruciformes ; à l’ouest, un khurus s’ouvre sur trois nefs. La présence de ce khurus indique que l’édifice est postérieur au milieu du VIIe siècle. Les colonnes, avec bases et chapiteaux, atteignaient environ 6,80 m. Des graffiti retrouvés sur place donnent à penser que l’église était dédiée à l’archange Michel.
L’église sud, fouillée en 1901–1902 et dont le décor sculpté supérieur fut déposé en 1902, a été relocalisée en 2005 par prospection géophysique, à une trentaine de mètres au sud de la précédente ; sa partie inférieure conserve inscriptions et peintures. Une autre construction, fouillée à partir de 2008 sous la responsabilité de Gisèle Hadji-Minaglou, est l’église principale, de 21 m sur 40 m, avec deux séries de huit colonnes ; l’IFAO la date de la première moitié du VIIe siècle.
Le bâtiment 1 et la salle 7
Dans la partie nord du kôm, le bâtiment 1 est un ensemble d’habitation de la première moitié du VIIe siècle. La salle 7 conserve un programme peint : naissance du Christ, deux des fondateurs du monastère, neuf prophètes et paons sur la voûte ; Christ entouré de séraphins dans la niche du mur est, avec les archanges Michel et Gabriel. Une pièce de vie reçoit ainsi un décor comparable à celui d’un édifice de culte.
De Clédat à la mission du Louvre et de l’IFAO
Pensionnaire de l’IFAO, Jean Clédat prospecta le site au début de 1901 et y ouvrit une fouille officielle à la fin de la même année. Les travaux de 1902 firent apparaître deux églises, dites nord et sud ; Clédat poursuivit jusqu’en 1905 la copie des peintures à l’aquarelle. Le partage de 1902 laissa environ 200 objets au Musée copte du Caire et en attribua quelque 400 au Louvre, qui inaugura en 1929 une salle Baouît où une partie de l’église sud est reconstituée (aile Denon, salle 174). Jean Maspero reprit les fouilles en 1913 ; l’Organisation des Antiquités égyptiennes intervint en 1976, 1984 et 1985. Une convention entre l’IFAO et le Louvre, signée en 1995, n’aboutit à une autorisation qu’en 2001 : après une brève mission en juin 2002, la fouille reprit en septembre 2003 sous la responsabilité de Dominique Bénazeth.
Une documentation dispersée
La dispersion ancienne du décor entre Le Caire, Paris et d’autres musées oblige à ne pas attribuer d’office un élément de collection à une pièce précise. Les paysans de la région ont longtemps extrait du kôm le sebakh et divers objets, ce qui a encore brouillé les contextes d’origine. Les recherches portent sur la chronologie relative des églises et sur l’organisation de l’habitat.
Sources principales
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Baouît, le monastère de Saint Apollô, Institut français d’archéologie orientale ; Baouît, présentation du chantier (2009), Institut français d’archéologie orientale ; Le site de Baouit, Petite Galerie du musée du Louvre.