Antinoopolis / Antinoé, ville fondée sous Hadrien : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Antinoopolis / Antinoé, ville fondée sous Hadrien
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Antinoopolis, ou Antinoé, est située à Sheikh Ibada, sur la rive orientale du Nil, en Moyenne-Égypte, aux coordonnées approximatives de 27° 48′ N et 30° 52′ E selon les relevés de l’université du Delaware. Les auteurs de ces relevés, Steven E. Sidebotham et Ronald E. Zitterkopf, la désignent comme un comptoir urbain sur le Nil, « emporium », fondé par l’empereur Hadrien à la suite de la noyade de son favori Antinoüs en 130 apr. J.-C.

Une fondation liée à la route de la mer Rouge

La Via Hadriana fut construite sous le règne d’Hadrien (117–138 apr. J.-C.), en relation avec la fondation de la ville. Antinoopolis en constitue le terminus nord-ouest, sur le Nil, et la route rejoint la côte de la mer Rouge à Safaga. La campagne de 1997 a localisé environ 430 à 440 kilomètres de tracé depuis Antinoopolis, soit à peu près la moitié du parcours total. Une inscription grecque de 137 apr. J.-C. décrit la voie comme « sûre, plane et pourvue de stations, de postes de garde et de hydreumata », c’est-à-dire de points d’eau fortifiés.

Vestiges, carrières et mobilier

La prospection de 1996 a repéré des carrières près de l’ouadi Ibada et des aménagements importants de la route, dont une grande rampe. Ces éléments attestent un investissement considérable. Sur le site même, la céramique de surface va de l’époque romaine à l’époque byzantine. Cette chronologie courte en apparence mais longue en durée d’usage invite à ne pas réduire la ville à sa fondation hadrianique.

Antinoé dans les collections

La notice du Louvre pour une tenture dite « au Jonas » indique une datation radiocarbone de 320 à 420 environ et cite dans sa bibliographie l’exposition « Antinoe cent’anni dopo », tenue en 1998 au palais Médicis-Riccardi de Florence. La pièce a été acquise en 1968 auprès d’un collectionneur ; la notice ne documente pas sa découverte, et un textile de ce type ne peut donc, sans autre preuve, être rattaché à un secteur précis de la ville. Les seules certitudes portent sur l’existence d’un fonds textile associé au nom d’Antinoé et sur sa datation approximative, non sur les tombes ou les ateliers d’origine.

Limites de la documentation et pistes de recherche

Les sources consultées ne permettent pas de décrire le plan orthogonal, les édifices publics, les nécropoles ni l’histoire des fouilles anciennes d’Antinoé ; ces points, souvent répétés dans la littérature générale, n’ont pas été vérifiés ici et sont donc laissés de côté. La question centrale est l’articulation entre la ville, sa route et son arrière-pays désertique : les carrières de l’ouadi Ibada, la rampe et les stations décrites par l’inscription de 137 forment un ensemble qu’une étude topographique continue pourrait mieux relier au tissu urbain.

Sources principales

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Steven E. Sidebotham et Ronald E. Zitterkopf, « Survey of the Via Hadriana by the University of Delaware: The 1996 Season », BIFAO 97, IFAO, 1997 ; Steven E. Sidebotham et Ronald E. Zitterkopf, étude de la Via Hadriana, campagne de 1997, BIFAO 98, IFAO, 1998, p. 353-365 ; Tenture au Jonas, musée du Louvre.

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