
Saqqarah est une vaste nécropole de la région de Memphis. Ses monuments appartiennent à des époques et à des pratiques différentes ; la pyramide à degrés de Djéser n’en est que le repère le plus célèbre. Deux sous-ensembles, au nord et au sud, organisent ici la visite des fiches.
En quelques mots
Saqqarah s’étend sur le plateau désertique qui domine la vallée, au sud-ouest du Caire. Elle fut l’un des principaux cimetières de Memphis, la grande capitale de l’Ancien Empire. Son nom vient probablement de Sokar, dieu de la nécropole. Des rois et des nobles des deux premières dynasties y furent enterrés, puis Djéser y fit élever sa pyramide à degrés, que l’UNESCO présente comme le premier édifice en pierre et la première pyramide jamais construits. Le site fait partie du bien « Memphis et sa nécropole », inscrit au patrimoine mondial en 1979.
Ce que l’on découvre
La nécropole se lit comme un musée à ciel ouvert. Les grands mastabas des premières dynasties précèdent le complexe de Djéser. Viennent ensuite les pyramides des Ve et VIe dynasties, celles d’Ouserkaf, d’Ounas, de Téti et, plus au sud, de Pépy Ier, de Mérenrê et de Pépy II, entourées des tombes richement décorées des dignitaires. L’UNESCO recense dans l’ensemble de la nécropole memphite plus de neuf mille tombes creusées dans le roc, de la Ire à la XXXe dynastie et jusqu’à l’époque gréco-romaine.
Saqqarah ne s’arrête pas à l’Ancien Empire. Le général Horemheb y fit bâtir une tombe avant de devenir roi ; il fut finalement enterré dans la Vallée des Rois. Les galeries du Sérapéum accueillirent les taureaux Apis, considérés comme une incarnation du dieu Ptah, de la XVIIIe dynastie à l’époque ptolémaïque. Le monastère d’Apa Jérémie rappelle enfin l’Égypte copte, jusqu’au VIIIe siècle.
Ce qu’il faut regarder
Dans la pyramide d’Ounas (vers 2375–2345 av. J.-C.), la chambre funéraire est la plus ancienne d’une pyramide à porter des textes. Ces colonnes de hiéroglyphes, les Textes des pyramides, devaient guider le roi défunt dans l’au-delà. Elles montrent qu’une tombe royale pouvait aussi être un livre gravé dans la pierre.
Son histoire
Sur une même zone, Saqqarah permet de suivre la transformation des formes funéraires : du mastaba à la pyramide à degrés, puis aux pyramides lisses et aux tombes décorées des élites. Elle montre aussi que l’histoire d’une nécropole continue bien après l’édification de ses monuments les plus visibles, avec les cultes d’animaux sacrés et les fondations chrétiennes. Le musée Imhotep, à l’entrée du site, présente des objets de toutes ces périodes. Les fouilles se poursuivent et livrent régulièrement de nouvelles tombes.
Pour parcourir les fiches
Saqqarah Nord et centre réunit les premières grandes nécropoles, le complexe de Djéser, plusieurs pyramides de l’Ancien Empire et les ensembles plus tardifs. Saqqarah Sud suit les projets royaux de la VIe dynastie. Ces divisions servent à naviguer dans les dossiers ; elles ne sont pas des frontières archéologiques absolues.
Sources
UNESCO, Memphis and its Necropolis : https://whc.unesco.org/en/list/86
Ministère égyptien, Saqqara : https://egymonuments.gov.eg/archaeological-sites/saqqara/