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Saqqarah Nord, grands mastabas des premières dynasties

Illustration du site Saqqarah Nord, grands mastabas des premières dynasties
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Au nord du plateau de Saqqarah, près de l’ancienne Memphis, de grandes tombes en brique crue furent édifiées pour les élites des premières dynasties, vers 3100–2700 av. J.-C. Leur partie visible avait la forme d’un massif rectangulaire bas : le mastaba, mot arabe qui signifie « banc ». Sous cette construction se trouvait la sépulture. Le cimetière permet de découvrir une époque antérieure à la pyramide à degrés de Djéser, dans laquelle l’architecture funéraire changeait rapidement.

Ce que l’on découvre

Certains mastabas possédaient des façades à niches répétées qui évoquaient l’architecture des palais. D’autres présentaient des formes plus simples. Les dépôts funéraires, les sceaux, les poteries et les restes de constructions aident à dater les ensembles. Les monuments n’étaient pas tous de la même taille ni du même moment. Les fouilles et les archives ont documenté de nombreuses structures, y compris des tombes plus modestes souvent éclipsées par les plus grandes. Le paysage actuel, marqué par l’érosion et les travaux archéologiques, ne montre qu’une partie de leur hauteur et de leur décor d’origine.

Son histoire

Au XXe siècle, la taille des grands mastabas a conduit certains chercheurs à y rechercher les tombes de rois de la Ire dynastie. Cette attribution reste discutée : les sépultures royales de ces souverains sont connues à Abydos, tandis que Saqqarah Nord apparaît surtout comme un cimetière de hauts personnages liés à Memphis. On ne peut pas identifier l’occupant d’un mastaba à partir de sa grandeur seule. Les différences de plan et de façade entre la Ire et la IIe dynastie montrent aussi que le « mastaba » n’est pas une forme figée.

Pourquoi ce lieu compte

Saqqarah Nord éclaire l’essor d’une élite proche du centre politique de Memphis et l’investissement dans des sépultures monumentales. Les façades à niches, les chambres souterraines et les biens déposés parlent de statut, de mémoire et de pratiques funéraires. Les recherches récentes reprennent les archives anciennes pour replacer chaque tombe dans un cimetière dense et évolutif. Les images qui accompagnent les fiches sont des évocations : elles distinguent le massif visible et la chambre enfouie, sans reproduire un mastaba précis.