
En quelques mots
La pyramide de Hawara occupe un éperon du plateau désertique qui borde l’entrée de la dépression du Fayoum. Amenemhat III, roi de la XIIe dynastie, la fit construire vers la fin de son règne, après avoir abandonné une première pyramide à Dahchour en raison de problèmes de construction ; c’est à Hawara qu’il fut enseveli. Au sud du monument s’étendait un vaste temple funéraire, identifié le plus souvent avec le « Labyrinthe » que des auteurs antiques jugeaient plus impressionnant encore que la Grande Pyramide. Autour, une nécropole resta en usage jusqu’à l’époque romaine.
Ce que l’on découvre
La pyramide n’est plus qu’une colline de brique crue. Petrie a montré que ses briques, faites du limon du Nil déposé à quelques centaines de mètres, étaient posées dans des lits de sable jaune, et que l’ensemble était couvert d’un parement de calcaire fin. Ce parement a entièrement disparu, comme presque tout le dallage ; d’après ses relevés, la base de brique mesurait près de 94 mètres de côté.
Du temple voisin, il ne reste qu’une vaste étendue d’éclats de pierre. Dès 1888, Petrie constatait que le site avait servi de carrière pendant toute l’époque romaine et que le plan du bâtiment était sans doute perdu à jamais. Un canal moderne, signalé pour la première fois en 1837, traverse aujourd’hui l’emplacement du Labyrinthe.
Ce qu’il faut regarder
L’entrée de la pyramide ne se trouve pas au nord, comme dans les pyramides que Petrie connaissait, mais sur la face sud, entre le milieu et l’angle sud-ouest. Ne la trouvant pas, il perça en 1888 un tunnel dans la brique jusqu’au centre, puis atteignit la chambre funéraire l’année suivante par un passage forcé d’anciens pilleurs. Il découvrit un parcours de couloirs coupés de trappes de pierre, puis une chambre taillée dans un unique bloc de grès apporté de Haute-Égypte, dont il estimait le poids à plus de cent tonnes, descendu dans une fosse avant l’édification de la pyramide. Elle abritait un grand sarcophage et un second, ajouté sur le côté, attribué à une fille du roi. La chambre était envahie par l’eau ; un fragment de vase d’albâtre au cartouche d’Amenemhat III confirma l’identité du propriétaire.
Un détail plus discret intéresse l’histoire du chantier : dans son tunnel, Petrie releva sur deux briques des marques peintes en rouge, repères de mesure tracés pendant la construction pour contrôler l’axe de l’édifice.
Son histoire
Amenemhat III fut vénéré comme un dieu dans le Fayoum, notamment aux époques ptolémaïque et romaine. La nécropole reçut des sépultures au Nouvel Empire et à la Basse Époque, et Hérodote visita le site au Ve siècle av. J.-C. Le démantèlement du Labyrinthe a pu commencer sous Ptolémée II, lorsque l’ancienne Shedet, rebaptisée Arsinoé, fit l’objet d’un vaste programme de construction. À l’époque romaine, Hawara servit de nécropole à l’élite du Fayoum : Petrie y découvrit en 1888–1889, puis en 1910–1911, les portraits peints à l’encaustique placés sur le visage des momies, ensemble devenu célèbre sous le nom de « portraits du Fayoum ».
L’aspect du Labyrinthe reste une énigme. Petrie en proposa un plan, tandis que Dieter Arnold, en 1979, le rapprocha de l’enceinte de Djéser à Saqqarah ; aucune de ces restitutions ne peut être vérifiée sur le terrain.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : W. M. Flinders Petrie, Kahun, Gurob, and Hawara, Londres, Kegan Paul, Trench, Trübner, 1890 (numérisation Internet Archive) ; The nineteenth and early twentieth century work at Hawara, Petrie Museum of Egyptian Archaeology et Centre for Advanced Spatial Analysis, University College London ; Amenemhat III, Digital Egypt for Universities, University College London.