Tanis, temples et nécropole royale

Illustration du site Tanis, temples et nécropole royale
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Tanis, l’antique Djanet, porte aujourd’hui le nom de Tell Sân el-Hagar. Le site se trouve dans le nord-est du Delta, à environ 120 kilomètres au nord-est du Caire, sur l’ancien tracé de la branche pélusiaque du Nil. Fondée vers le XIe siècle av. J.-C., la ville devint la capitale des rois de la XXIe dynastie et le lieu de sépulture de souverains des XXIe et XXIIe dynasties. Elle fut pensée comme une « Thèbes du Nord », avec ses sanctuaires d’Amon, de Mout et de Khonsou.

Ce que l’on découvre

Le paysage surprend d’abord par son aspect de chantier renversé. Dans la partie nord du tell, à l’intérieur d’une vaste enceinte de briques crues, gisent au sol des tronçons d’obélisques, des colosses, des colonnes, des stèles et des blocs, presque tous en granit ou en quartzite. Cette impression d’une ville toute de pierre dure est trompeuse : depuis l’Antiquité tardive, le calcaire des temples a été emporté et brûlé dans les fours à chaux, si bien que seuls les matériaux les plus résistants sont restés sur place. L’agglomération antique couvrait plus de 200 hectares, et l’organisation de son tissu urbain fait encore l’objet de recherches.

Au sud-ouest du premier pylône du grand temple, dans l’enceinte même, s’ouvrent les caveaux de la nécropole royale. Les rois de Tanis se firent ainsi inhumer au cœur du domaine sacré de leur ville, et non dans une nécropole de désert comme celle de la Vallée des Rois à Thèbes.

Ce qu’il faut regarder

Deux détails résument le site. Le premier tient aux inscriptions : sur de nombreux blocs et statues figure le nom de Ramsès II, alors que ce roi n’a pas construit à Tanis. Ces pièces proviennent de Pi-Ramsès, l’ancienne résidence ramesside située à une vingtaine de kilomètres, abandonnée lorsque la branche pélusiaque se déplaça et exploitée ensuite comme une carrière. Un nom gravé indique donc qui a fait sculpter la pièce, non qui l’a dressée ici.

Le second détail est plus discret : certaines briques du grand mur d’enceinte portent, estampillé, le cartouche de Psousennès Ier. Ces marques permettent de rattacher l’enceinte à la XXIe dynastie, au moment même où la nouvelle capitale prenait forme. Le Grand Sphinx de granit rose conservé au musée du Louvre, trouvé à Tanis et acquis en 1826, illustre le même phénomène à l’échelle d’une seule œuvre : sculpté bien plus tôt, il a été réinscrit par plusieurs rois, dont Mérenptah et Chéchonq Ier.

Son histoire

La ville connut plusieurs vies. Après les temples de la Troisième Période intermédiaire, les sanctuaires furent remaniés à la Basse Époque, quand un lac sacré fut construit avec de nombreux blocs de remploi, puis un temple d’Horus de Mésen fut élevé sous les premiers Ptolémées. Visitée par l’Expédition d’Égypte en 1798, Tanis fut dégagée par Auguste Mariette en 1860–1864, puis explorée par William Flinders Petrie en 1884. C’est la mission française de Pierre Montet, active à partir de 1929, qui mit au jour entre 1939 et 1946 les tombeaux royaux et princiers, dont celui de Psousennès Ier, retrouvé inviolé. Parce que ces découvertes coïncidèrent avec le début de la Seconde Guerre mondiale, elles restèrent longtemps moins connues que celle de Toutânkhamon.

Beaucoup reste incertain. L’attribution de certaines sépultures est encore discutée, et la date d’un mur ne peut se déduire du nom inscrit sur l’un de ses blocs. La Mission française des fouilles de Tanis poursuit l’étude de la ville, de ses temples et de ses tombes.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Tanis (Tell Sân el-Hagar), Institut français d’archéologie orientale ; Tanis, une cité majeure de l’histoire de l’Égypte, École pratique des hautes études ; Sphinx de Tanis (A 23), musée du Louvre.