Alexandrie, ville et quartiers antiques

Illustration du site Alexandrie, ville et quartiers antiques
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Alexandrie occupe la côte méditerranéenne de l’Égypte, à la marge occidentale du Delta, entre la mer au nord et le lac Maréotis au sud. Alexandre le Grand la fonda en 331 av. J.-C., à proximité d’une agglomération égyptienne plus ancienne, Rakotis (Raqote). Devenue le siège du pouvoir des Ptolémées, elle resta la plus grande et la plus importante ville de Méditerranée orientale jusqu’à l’essor de Constantinople, à partir du Ve siècle apr. J.-C. Cette longue histoire explique qu’aucun de ses quartiers ne soit figé au moment de la fondation : la ville antique a été reconstruite sur elle-même pendant des siècles, et c’est sous la ville moderne qu’il faut la chercher.

Ce que l’on découvre

Au premier regard, Alexandrie montre très peu de son passé grec. Les avenues, les immeubles et la corniche recouvrent la cité des Ptolémées, qui n’affleure qu’en quelques points. Le plus vaste ensemble non funéraire est Kôm el-Dikka : un petit théâtre couvert (odéon), un grand complexe de bains, des salles d’enseignement (auditoria), des maisons aux sols de mosaïque et des ateliers y ont été dégagés, pour l’essentiel d’époque romaine tardive et byzantine. Sur la colline du Sérapéum se dresse la colonne de Dioclétien, élevée à la fin des années 290 apr. J.-C. et connue à tort sous le nom de « colonne de Pompée ». Tout près, les catacombes de Kôm el-Chougafa témoignent des pratiques funéraires de l’époque romaine.

Ce qui ne se voit plus compte autant. Le Sérapéum, principal temple de Sarapis, fut détruit en 391 apr. J.-C., lorsque l’empereur Théodose proscrivit les cultes païens ; le Phare et la Bibliothèque ont eux aussi disparu. La ville se lit donc par fragments, que les fouilles menées parcelle après parcelle permettent peu à peu de relier.

Ce qu’il faut regarder

Le détail le plus parlant est une orientation. Selon le Centre d’études alexandrines, le premier geste urbain d’Alexandre fut l’Heptastade, une chaussée-digue de sept stades, soit environ 1 300 mètres, jetée entre le continent et l’île de Pharos. Associée à un aqueduc qui alimentait l’île en eau et franchie par deux ponts qui laissaient passer les embarcations, elle séparait deux bassins : à l’est le Grand Port, à l’ouest le port d’Eunostos, le « Bon Retour ». L’axe de cette digue et sa perpendiculaire, la future Plateia ou voie canopique, ont fixé l’orientation du réseau des rues, qui perdure jusqu’à nos jours. L’Heptastade lui-même est invisible ; il a été retrouvé par la prospection géophysique et l’étude des sédiments.

Un second repère tient au Césaréum, sanctuaire du culte impérial qui couvrait plus de deux hectares. Cléopâtre VII y avait élevé un autel pour le culte de Marc Antoine ; après Actium, Octavien fit détruire leurs monuments et construire un temple, devant lequel il fit dresser en 13 av. J.-C. deux obélisques de Thoutmosis III apportés d’Héliopolis. Des monuments pharaoniques vieux de près de quatorze siècles servirent ainsi à signaler un temple romain. Entre 1992 et 2002, le Centre d’études alexandrines a fouillé quatre parcelles contiguës de ce secteur à l’occasion de chantiers urbains.

Son histoire

Alexandrie fut à la fois une capitale royale, un grand port et un foyer de savoir, avant de rester la métropole de l’Égypte romaine puis byzantine. Le Musée et la Bibliothèque appartiennent à cette histoire, mais leurs emplacements et leur architecture ne peuvent être restitués à partir des seules traditions littéraires, et bien des images d’une Alexandrie entièrement monumentale relèvent de la reconstitution. Les quartiers ordinaires, les rues et les dépotoirs datés comptent autant pour comprendre la cité. Le tracé exact de nombreux îlots, l’étendue des palais et la position de plusieurs monuments cités par les auteurs anciens restent incertains.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Ports d’Alexandrie : l’Antiquité, Centre d’études alexandrines ; Alexandria, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Le Césaréum, Centre d’études alexandrines.