
Avec l'équipe de John Garstang · 1902–1904. Récit adapté du rapport de fouilles.
Cette fois, notre appareil de levage ne suffit pas. Le bloc est trop large, trop solidement coincé entre les parois du puits. Il a arrêté les pilleurs. Il pourrait bien nous arrêter aussi.
Le passage des premiers visiteurs
La tombe porte le numéro 186. Son puits est étroit, à peu près carré. À quatre mètres de profondeur s'ouvre une chambre que des intrus ont visitée depuis longtemps.
Ils avaient trouvé la grande pierre un peu plus haut, devant leur descente. Pour la contourner, ils avaient creusé un passage sur le côté, juste assez large pour s'y glisser. Ils avaient ainsi atteint la chambre supérieure et bouleversé son contenu. Mais au-dessous, le puits continuait.
Savaient-ils qu'il restait une autre sépulture ? Nous ne pouvons pas le dire. Ce qui est certain, c'est que le bloc ne leur a pas permis de poursuivre. Nous essayons à notre tour de le remonter. Il ne bouge pas assez. Insister de la même façon ne nous avance à rien.
Faire descendre ce qu'on ne peut pas remonter
Les ouvriers dégagent prudemment le dessous de la pierre. Elle s'abaisse peu à peu jusqu'au niveau de la chambre supérieure. Celle-ci a été vidée de ses débris ; nous allons y ranger l'obstacle qui bouche notre passage.
Des cordes soutiennent autant que possible le poids depuis la surface. Avec les leviers, les hommes font entrer le bloc dans la chambre. Il finit par y tenir, occupant presque tout l'espace. Le puits est enfin libre.
Nous pouvons continuer jusqu'à sept mètres. Une seconde porte apparaît. Elle est encore fermée par des pierres, comme celle de la tombe du médecin. Derrière elle repose Nefwa, également appelé Mehti-em-hat, un haut fonctionnaire du trésor de la province.
Les bateaux de Nefwa
Sur le couvercle du cercueil, près de l'entrée, plusieurs barques ont été disposées. Plus loin se trouvent un atelier en miniature et un grenier. Une porteuse de provisions repose contre la paroi ; une quatrième embarcation occupe encore un peu de la place restante.
Le grenier contient du blé et de l'orge. Ses compartiments sont ouverts, ses porteurs arrêtés au milieu de leur travail. Dans le groupe voisin, un personnage avec sa jarre a été placé parmi les autres, alors qu'il possède sa propre base. La chambre était déjà pleine.
À l'intérieur des deux cercueils emboîtés, le corps est enveloppé de lin. Un masque peint recouvre la tête. En face du visage, des yeux ont été tracés sur les parois des coffres.
Au-dessus de nous, la grande pierre demeure dans la chambre où les ouvriers l'ont fait entrer. Nous pouvons désormais aller et venir dans le puits. La découverte a dépendu de cette place qu'ils ont su lui trouver.