← Moyenne-Égypte

Meïdoum, pyramide de Snéfrou : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Meïdoum, pyramide de Snéfrou
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

La pyramide de Meïdoum se situe à la lisière du désert, dans le gouvernorat de Beni Souef, au sud de la région memphite. Elle appartient au programme monumental de Snéfrou, premier souverain de la IVe dynastie, conventionnellement daté du XXVIIe au XXVIe siècle avant notre ère selon les chronologies. Le nom antique du lieu, Djed-Snéfrou, signifie « Snéfrou demeure ». Des auteurs anciens attribuaient le commencement de l’ouvrage à Houni, dernier roi de la IIIe dynastie ; aucune attestation de son nom n’a cependant été trouvée à Meïdoum. Celui de Snéfrou est documenté sur place, notamment par des graffiti postérieurs et dans les tombes voisines. Il convient de distinguer le maître d’ouvrage attesté de la question, plus étroite, d’un éventuel projet initial antérieur, qui n’est pas démontré.

Présentation générale

Le monument illustre la transition entre la pyramide à degrés et la pyramide géométrique à faces lisses. Trois grandes étapes de construction sont reconnues dans la littérature et désignées E1, E2 et E3. Le noyau encore visible sort d’une masse de débris qui masquait une grande partie des aménagements au sol. La forme actuelle, parfois rapprochée d’une tour, n’est ni le projet de départ ni le monument tel qu’il se présentait après transformation. Snéfrou fit aussi édifier deux grandes pyramides à Dahchour ; le calendrier relatif de ces chantiers et la répartition de la main-d’œuvre font l’objet de discussions. Meïdoum doit être étudié comme un complexe funéraire, avec édifices annexes, accès et nécropole de cour.

Monuments et vestiges

La masse bâtie conserve plusieurs degrés du noyau primitif. Une entrée située sur la face nord, à environ quinze mètres au-dessus du sol actuel, ouvre sur un couloir descendant qui pénètre dans le substrat rocheux. Après une partie horizontale et deux niches, un puits vertical mène à la chambre funéraire. Sa couverture en encorbellement répartissait les charges de la maçonnerie. Des dispositifs de décharge sont aussi documentés au-dessus de certains passages. À l’est de la pyramide subsistent des éléments du temple funéraire ; deux stèles sans inscription en marquaient l’espace. La petite pyramide satellite, la chaussée et les traces d’autres constructions composent un ensemble plus ample, mais inégalement conservé. Les mastabas de la nécropole voisine, notamment ceux de hauts personnages de la cour, replacent la pyramide dans son environnement social. Les dimensions données pour l’état à faces lisses sont d’environ 144 mètres de côté à la base et 92 à 95 mètres de hauteur : il s’agit de dimensions restituées pour une phase disparue, non des mesures de l’élévation actuelle.

Chronologie et phases de construction

La phase E1 correspond à un projet à sept degrés ; E2 l’agrandit en un édifice à huit degrés. La phase E3 remplit les retraits des degrés et ajoute un revêtement pour obtenir une pente continue. Selon le ministère égyptien des Antiquités, cette conversion porta la base à environ 144 mètres. L’enchaînement de ces phases est mieux établi que leur datation année par année. Des marques de chantier ont nourri des reconstructions du calendrier de Snéfrou, mais elles ne permettent pas de fixer sans débat le rythme précis des travaux ni de conclure qu’une autre pyramide fut commencée uniquement à cause d’un accident à Meïdoum. Le parement et une grande partie de la masse extérieure ont ensuite disparu. L’ancienne explication d’un effondrement catastrophique unique, survenu pendant E3, se heurte à la stratification des débris, qui indique une dégradation en plusieurs épisodes. La part relative des défauts techniques, de l’érosion et du prélèvement de pierres reste discutée.

Histoire et fonctions

Le projet répondait à une fonction funéraire et à la représentation durable de la royauté. La chambre intérieure est aménagée dans cette perspective, même si l’inhumation de Snéfrou à Meïdoum n’est pas établie par la découverte d’un corps royal. Le temple oriental et la chaussée participaient aux pratiques liées au culte du roi défunt. Les mastabas proches manifestaient la relation entre la cour et le souverain. La transformation d’une silhouette à degrés en forme lisse ne doit pas être comprise comme un simple ravalement : elle modifiait l’apparence générale du monument et exigeait d’importants apports de pierre. Les constructions ultérieures de Dahchour montrent que les choix de pente, de parement et de chambres restèrent des sujets d’expérimentation au cours du règne.

Fouilles et histoire de la recherche

La pyramide fut décrite par des voyageurs avant les fouilles modernes, puis relevée par John Shae Perring en 1837 et par l’expédition de Karl Richard Lepsius en 1843. Gaston Maspero ouvrit l’accès intérieur en 1881. William Matthew Flinders Petrie étudia le site en 1891, avant de revenir avec des collaborateurs, dont Gerald Wainwright, en 1909-1910. Ludwig Borchardt formula la distinction des grandes phases de construction, toujours employée. Les relevés de Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi ont précisé l’architecture ; Ali el-Khouli conduisit de nouvelles recherches au XXe siècle. Ces études s’appuient sur la lecture des maçonneries, des débris, de la chambre intérieure et des monuments associés. Les inscriptions du Nouvel Empire témoignent également d’une mémoire tardive de Snéfrou à Meïdoum, mais elles ne décrivent pas elles-mêmes les phases du chantier initial.

État de conservation et questions de recherche

Le noyau se conserve en élévation, tandis que l’enveloppe extérieure manque largement et forme un talus autour de l’édifice. Cette situation rend certaines interfaces de construction visibles mais complique la restitution des parements disparus. Les chiffres de hauteur, d’angle ou de volume doivent toujours être rapportés à la phase concernée. La question de l’effondrement a donné lieu à des récits séduisants, parfois reliés directement à la pyramide rhomboïdale de Dahchour ; les données de terrain ne démontrent pas une catastrophe soudaine servant de cause unique aux changements de projets royaux. L’attribution à Snéfrou est mieux fondée que celle à Houni, sans résoudre absolument la date du tout premier choix d’implantation. La photographie de découverte de ce dossier est une illustration créée du paysage ruiné ;

Sources principales

Sources principales : ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, « The Pyramid of Meidum », https://egymonuments.gov.eg/monuments/the-pyramid-of-meidum/ ; UCL Digital Egypt, « Meydum, further information », https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/meydum/pyramid/information.html ; UCL Digital Egypt, « Evolution of Pyramids », https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/pyramids/shape.html ; Petrie, The Pyramids and Temples of Gizeh and Medum, 1892, références et planches signalées par UCL ; Borchardt, étude des phases de construction, 1928, référence signalée par UCL.

← Revenir à la découverte