Identification et localisation
La nécropole royale de Saqqarah-Sud s'est développée autour de la pyramide de Pépy Ier pendant la VIe dynastie puis au-delà. Les fouilles systématiques conduites depuis 1987 par la Mission archéologique française, devenue franco-suisse, y ont révélé des complexes de reines au sud et à l'ouest du monument royal. Le nom usuel du secteur ne doit pas conduire à attribuer toutes les pyramides à des épouses de Pépy Ier : certaines propriétaires sont de sa descendance ou de règnes ultérieurs, et d'autres demeurent incertaines.
Présentation générale
L'intérêt scientifique de l'ensemble est de permettre la comparaison de plusieurs monuments féminins dans un même espace. Les différences de surface, de plan, de titres et de décor éclairent les hiérarchies de cour et les changements d'usage de la nécropole. Les complexes clairement attribués à Noubounet et à Inenek-Inty, épouses de Pépy Ier, peuvent être confrontés à ceux de Méhaa, d'Ânkhnespépy II et de Béhénou. La découverte de textes funéraires chez certaines reines démontre que l'accès aux Textes des pyramides ne fut pas limité aux rois.
Monuments et vestiges
Les pyramides de Noubounet et d'Inenek-Inty ont des bases d'environ 21,22 et 22,79 mètres selon les relevés de la mission. Leurs appartements funéraires ne sont pas décorés. Le complexe d'Inenek-Inty comprend une cour à portique, une suite de pièces du temple intime et une pyramide satellite. Celui de Noubounet s'organise autour d'une salle aux niches, d'une salle aux offrandes et d'un probable magasin. Béhénou possède une pyramide plus grande, une cour à portique, plusieurs magasins et des Textes des pyramides. Ânkhnespépy II, traitée dans la fiche 037, reçut le plus vaste complexe après celui du roi. Les ruelles, murs et contraintes de voisinage expliquent en partie les variations de plan.
Chronologie et phases de construction
Inenek-Inty semble avoir reçu une des premières concessions, son plan régulier suggérant un espace encore peu encombré. La nécropole fut ensuite densifiée. Le complexe anonyme de l'ouest montre une histoire en plusieurs phases : une pyramide de pierre, puis des constructions en brique et des changements d'accès ; la mission souligne que leur chronologie reste conjecturale. La tombe de Béhénou empiète sur la zone de Méhaa. Des monuments d'Ânkhnespépy III, fille de Mérenrê, et de Mérétitès II, probablement épouse de Pépy II, rappellent que l'ensemble dépasse le règne fondateur.
Histoire et fonctions
Les temples de ces reines accueillaient les actes d'offrandes liés à leur culte. Les salles aux niches ou aux statues, les cours et les magasins contribuaient à ce fonctionnement. Les chambres funéraires étaient distinctes des espaces cérémoniels accessibles. Les Textes des pyramides de Béhénou et d'Ânkhnespépy II participaient à leur survie posthume, mais l'absence de textes conservés chez Noubounet ou Inenek-Inty ne prouve pas l'absence de pratiques funéraires complexes. Les titres d'Inenek-Inty, notamment celui de vizir, invitent à considérer la position politique de certaines femmes royales sans projeter la même fonction sur toutes.
Fouilles et histoire de la recherche
La mission a identifié les propriétaires par inscriptions, architecture et contexte, tout en distinguant les niveaux de certitude. Pour Béhénou, une inscription la dit « aimée de Pépy », sans préciser lequel ; l'attribution à Pépy Ier est donc plausible mais non définitive. Le « complexe de l'ouest » conserve une destinataire inconnue. La Mission archéologique franco-suisse fournit des descriptions pièce par pièce et les mesures de plusieurs pyramides ; l'Ifao propose une vue d'ensemble et un plan de la nécropole. Ces documents permettent de dépasser les restitutions anciennes qui présentaient un ensemble plus homogène qu'il ne l'est.
État de conservation et questions de recherche
Le décor et les dimensions conservés varient fortement. Les Textes des pyramides de Béhénou sont fragmentaires et toujours étudiés ; ceux d'Ânkhnespépy II ont fait l'objet d'une édition spécifique. La distinction entre murs originaux, fragments replacés et restitution graphique est indispensable.
Sources principales
Sources principales : Mission archéologique franco-suisse de Saqqâra, « Les reines de Pépy Ier », https://www.unige.ch/mafssaqqara/fouilles/reines-pepy-ier ; « Textes des Pyramides », https://www.unige.ch/mafssaqqara/textes-des-pyramides ; Institut français d'archéologie orientale, « Saqqara », https://www.ifao.egnet.net/recherche/archeologie/saqqara/ (consultées le 27 septembre 2026).
