Identification et localisation
La pyramide de Mérenrê Ier, successeur de Pépy Ier, appartient à la série des monuments royaux de la VIe dynastie à Saqqarah-Sud. Elle réunit une superstructure aujourd'hui très dégradée et des appartements funéraires décorés des Textes des pyramides. Son étude doit être replacée entre celle du complexe de Pépy Ier et celle du règne de Pépy II. La chronologie absolue du règne varie selon les auteurs ; le monument est ici daté par sa place dynastique, sans fixer une année unique pour l'achèvement de tous ses éléments.
Présentation générale
Le principal intérêt de la pyramide est épigraphique et architectural. Les formules de ses parois complètent celles des autres pyramides à textes de Saqqarah et montrent que le corpus n'était pas reproduit mécaniquement d'un souverain à l'autre. Les milliers de blocs dispersés ont permis de reconstituer des pans de décor, mais imposent de distinguer inscription en place, fragment raccordé et restitution proposée. L'architecture extérieure, moins bien conservée, ne doit pas être illustrée comme un ensemble intégralement documenté.
Monuments et vestiges
L'accès descendait vers un système de passages et de chambres placé sous la masse pyramidale. Antichambre et chambre funéraire appartenaient au programme inscrit. Les murs conservaient des textes gravés, tandis que de nombreuses pierres des parois avaient été déplacées ou brisées. Les fragments recueillis dans les décombres constituent une documentation directe, mais leur emplacement initial doit être établi par l'étude des raccords et des séries de formules. Les vestiges du temple funéraire à l'est sont incomplets.
Chronologie et phases de construction
La pyramide fut ouverte à la fin de 1880 sur ordre d'Auguste Mariette ; Heinrich Brugsch y entra début 1881, puis Gaston Maspero releva les inscriptions. La Mission archéologique française de Saqqâra revint sur le monument à partir de 1970-1971. Jean Leclant et Jean-Philippe Lauer poursuivirent le dégagement jusqu'en 1974, puis lors de campagnes de 1976 à 1980. L'équipe consolida les structures au fur et à mesure pour éviter des effondrements. Ces étapes modernes ont transformé l'accès et la documentation disponibles ; elles ne doivent pas être confondues avec les phases antiques du chantier.
Histoire et fonctions
La pyramide était le tombeau royal, associé à des rites et offrandes destinés à Mérenrê dans son existence posthume. Les Textes des pyramides formulaient des protections, transformations et parcours divins. La mission annonce environ 627 formules identifiées, plus 51 passages nouvellement répertoriés. Ces nombres sont des résultats de l'état de l'étude et de la définition des unités textuelles, non un relevé brut de blocs. Les parallèles avec Pépy Ier et avec d'autres propriétaires éclairent la transmission du corpus sans effacer les choix du programme propre à Mérenrê.
Fouilles et histoire de la recherche
L'équipe de Saqqâra a dessiné et analysé plus de deux mille fragments. Isabelle Pierre-Croisiau a publié en 2019 à l'Ifao les fac-similés des parois inscrites, en 34 planches. Cette édition donne un support contrôlable aux propositions de restitution, complété par les descriptions de fouille et l'observation du monument. Les photographies et relevés doivent être comparés lorsqu'une pierre fut déplacée, conservée ailleurs ou remise en place. La localisation actuelle d'un bloc n'est pas nécessairement son emplacement originel.
État de conservation et questions de recherche
Le mauvais état de la superstructure et les dangers d'effondrement ont marqué l'histoire des fouilles. La conservation et l'étude des surfaces gravées exigent une lecture attentive des cassures, des remplois éventuels et des raccords. Dans
Sources principales
Sources principales : Mission archéologique franco-suisse de Saqqâra, « Textes des Pyramides », https://www.unige.ch/mafssaqqara/textes-des-pyramides ; Institut français d'archéologie orientale, I. Pierre-Croisiau, « Les textes de la pyramide de Mérenrê », https://www.ifao.egnet.net/publications/catalogue/9782724707243/ ; University College London, « King Merenre », https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/chronology/kingmerenre.html (consultées le 27 septembre 2026).
