← Saqqarah Sud

Saqqarah Sud, pyramide d’Ânkhnespépy II : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Saqqarah Sud, pyramide d’Ânkhnespépy II
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le complexe funéraire d'Ânkhnespépy II occupe la partie sud-ouest de la nécropole royale de Pépy Ier à Saqqarah-Sud. La reine fut successivement épouse de Pépy Ier et de Mérenrê Ier, puis mère de Pépy II. La Mission archéologique franco-suisse la présente comme régente pendant la jeunesse de son fils. Son monument, édifié dans le contexte de ces liens dynastiques, est le plus étendu de la nécropole après celui du roi. Il ne faut toutefois pas attribuer une date unique à toutes ses phases architecturales et à toutes les tombes alentour.

Présentation générale

L'ensemble est remarquable par sa taille, son programme de culte et la présence de Textes des pyramides pour une femme royale. Les inscriptions de la chambre funéraire et les nombreuses pierres retrouvées permettent d'étudier comment un corpus d'abord attesté dans des pyramides de rois fut employé pour une reine. L'architecture révèle un dispositif d'offrandes élaboré et une organisation de réserves. La comparaison avec les complexes plus modestes de Noubounet ou d'Inenek-Inty montre une différence de statut et de moyens sans autoriser une hiérarchie simpliste fondée sur la seule largeur de la pyramide.

Monuments et vestiges

La pyramide mesure 31,40 mètres de côté selon les relevés de la mission. L'avant-temple se développe sur un axe nord-sud ; il donne accès à une série de vingt magasins en dents de peigne et à une vaste cour à portique. Deux portes des angles sud de cette cour conduisent vers le péribole de la pyramide et vers le temple intime. Ce dernier comprend une salle aux niches, une antichambre carrée et une salle aux offrandes flanquée d'un magasin. Une cour distincte dessert la pyramide satellite. Sous la pyramide, les appartements funéraires possédaient un sarcophage et des parois inscrites.

Chronologie et phases de construction

La reine appartient à la fin de la VIe dynastie, à la charnière des règnes de Pépy Ier, Mérenrê et Pépy II. Son sarcophage la qualifie de « mère royale », preuve directe de son rôle dynastique. Les premières découvertes de fragments de Textes des pyramides par la mission datent de février 2000. Les campagnes de 2000 à 2003, 2008 à 2010 et 2016 ont permis de réunir près de 1 400 blocs inscrits. La restitution des parois procède par étude et rapprochement de ces fragments, et non par observation d'un décor intégralement conservé en place.

Histoire et fonctions

L'avant-temple, ses magasins et la cour organisaient les accès, la préparation et la présentation des offrandes. Dans la chambre, les formules visaient la continuité de l'existence de la reine après sa mort. L'équipe estime qu'environ 365 formules figuraient à l'origine dans les appartements funéraires. Beaucoup reprennent des versions connues dans la pyramide de Pépy Ier ; quelques-unes sont nouvelles ou attestées ailleurs dans la pyramide de Mérenrê. Les inscriptions, le sarcophage et le programme architectural se complètent, mais ils ne racontent pas directement les décisions politiques de la régente.

Fouilles et histoire de la recherche

La documentation provient des fouilles de la Mission archéologique franco-suisse et de l'étude détaillée des blocs. L'édition en fac-similés des textes d'Ânkhnespépy II, publiée à l'Institut français d'archéologie orientale en 2024 sous la direction de Bernard Mathieu, constitue une base de travail pour la lecture des formules. La présentation de la mission donne le parcours du complexe et ses mesures principales. L'Ifao publie aussi des vues et une synthèse de la nécropole. Les images générales doivent être confrontées aux plans et aux publications pour situer exactement un relief ou un fragment de texte.

État de conservation et questions de recherche

Une grande partie du décor est connue par des blocs déplacés. Chaque proposition de remontage dépend de raccords, de positions anciennes et de comparaisons, avec des degrés de certitude différents.

Sources principales

Sources principales : Mission archéologique franco-suisse de Saqqâra, « Les reines de Pépy Ier », https://www.unige.ch/mafssaqqara/fouilles/reines-pepy-ier ; « Textes des Pyramides », https://www.unige.ch/mafssaqqara/textes-des-pyramides ; Institut français d'archéologie orientale, « Saqqara », https://www.ifao.egnet.net/recherche/archeologie/saqqara/ (consultées le 27 septembre 2026).

← Revenir à la découverte