
En quelques mots
À Saqqarah, à une trentaine de kilomètres au sud du Caire, la nécropole du Nouvel Empire s’étend au sud de la chaussée de la pyramide d’Ounas. Horemheb y fit bâtir sa tombe lorsqu’il était général en chef, sous Toutânkhamon puis sous Aÿ. Devenu roi, le dernier de la XVIIIe dynastie, il fit creuser une nouvelle tombe dans la Vallée des Rois, KV57. Le monument memphite est donc celui d’un dignitaire, qui montre comment un homme parvenu au sommet de l’État voulait être vu avant de régner.
Ce que l’on découvre
La tombe est bâtie en surface et non creusée dans la roche. Les égyptologues la rangent parmi les « tombes-temples », car son plan reprend celui des grands temples de l’époque : un pylône d’entrée, deux cours à ciel ouvert, puis les pièces intérieures de la chapelle. La salle centrale était surmontée d’une petite pyramide, symbole solaire de renaissance. La tombe proprement dite est souterraine : un puits vertical, percé dans le sol de la cour intérieure, descend vers la chambre funéraire. Les parties conservées résultent aussi des prélèvements anciens, des fouilles et des restaurations.
La tombe n’est pas isolée. Autour d’elle se trouvent d’autres tombes de hauts personnages de la même période, dont celle de Maya, trésorier de Toutânkhamon, et celle de Tia, beau-frère de Ramsès II. Le secteur forme ainsi un quartier funéraire de la cour, à proximité de Memphis, alors l’une des principales villes du pays.
Ce qu’il faut regarder
La scène à chercher est celle de l’or d’honneur. Horemheb, suivi de rangées de prisonniers étrangers, y est récompensé publiquement par Toutânkhamon lui-même. Un bloc de cette composition, conservé au Rijksmuseum van Oudheden de Leyde et provenant de la seconde cour, montre le général recevant des colliers d’or pour ses victoires, tandis que des soldats égyptiens amènent des captifs asiatiques. Le relief, en calcaire, mesure 86 × 109 cm. L’image dit la gloire militaire, mais elle reste une mise en scène voulue par le propriétaire de la tombe.
L’autre pièce maîtresse est au British Museum. Une grande stèle cintrée de calcaire, haute de 1,95 m, trouvée dans la tombe, montre au sommet un disque solaire ailé ; en dessous, Horemheb lève les bras devant Rê-Horakhty à tête de faucon, Thot à tête d’ibis et Maât. Vingt-cinq lignes gravées forment une prière à Rê. Le haut de la stèle est mutilé, mais le texte est bien conservé et des traces de rouge, de jaune et de bleu subsistent.
Son histoire
La tombe fut repérée au début du XIXe siècle, quand pilleurs et marchands d’antiquités exploitaient ce secteur de Saqqarah. La stèle du British Museum fut ainsi achetée en 1839 à Giovanni Anastasi. Les reliefs se dispersèrent dans les collections européennes, puis l’emplacement du monument fut oublié. En 1975, la mission anglo-néerlandaise de l’Egypt Exploration Society et du musée de Leyde, dirigée par Geoffrey Martin, le retrouva. Cette redécouverte changea le regard porté sur la Memphis du Nouvel Empire, longtemps éclipsée par Thèbes.
La tombe ne resta pas vide après l’accession de son propriétaire au trône. Un squelette féminin et des ossements de fœtus y ont été découverts ; l’identification de la femme avec Moutnedjemet, épouse d’Horemheb, reste une hypothèse. La mission, à laquelle se sont joints l’université de Leyde puis le Museo Egizio de Turin, poursuit l’étude du secteur et le rapprochement des blocs dispersés avec leurs parois d’origine.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Tomb of Horemheb, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Stèle d’Horemheb (EA 551), British Museum ; Saqqara, Rijksmuseum van Oudheden.